Deux attitudes possibles face à une défaite
Il y a, dans le sport comme au travail, un réflexe qui revient toujours après une défaite : chercher la cause à l’extérieur. L’arbitre, la pelouse, la météo, l’adversaire, le contexte. Ce réflexe a une fonction, il protège. Il permet de ne pas remettre en cause ce que l’on croyait maîtriser.
L’autre attitude consiste à s’interroger. Elle est nettement moins confortable, parce qu’elle suppose de regarder ses propres appuis. Et vous aurez peut-être remarqué une chose : ce ne sont jamais ceux qui gagnent, ou simplement ceux qui avancent, qui passent leur temps à critiquer. Ils n’ont ni le temps ni l’énergie pour ça.
Les dix mille solutions d’Edison
Thomas Edison, à qui l’on demandait comment il vivait ses innombrables tentatives ratées, aurait répondu qu’il n’avait pas échoué mais trouvé dix mille solutions qui ne fonctionnaient pas. La formule est célèbre, et elle est plus qu’un bon mot. Elle décrit un changement de statut de l’échec : il cesse d’être un verdict sur la personne pour devenir une donnée sur le problème.
C’est une bascule que tout le monde connaît en théorie. Nous célébrons volontiers les vertus de l’échec, dans les conférences et sur les réseaux. Mais nous ne nous l’appliquons presque jamais à nous-mêmes, et rarement à chaud.
Ce que ça change dans un bilan de compétences
Les personnes qui démarrent un bilan arrivent souvent avec des casseroles. Des expériences dont elles sourient aujourd’hui, mais qui ont sérieusement entamé leur réserve de confiance et d’estime. Un poste qui s’est mal terminé, une candidature qui n’a jamais reçu de réponse, une reconversion tentée puis abandonnée.
Face à un entretien raté ou à un projet qui n’avance pas, la tentation est immédiate : chercher des excuses, ou blâmer la pelouse. Le rôle d’un coach n’est pas de nier cet échec, ni de le relativiser avec un discours positif qui sonnerait faux. C’est de le transformer en donnée exploitable.
Concrètement, cela ressemble à cela : quel était l’objectif exact, qu’est-ce qui s’est produit, qu’est-ce qui dépendait de vous et qu’est-ce qui n’en dépendait pas, qu’est-ce que cette tentative vous apprend sur ce que vous cherchez vraiment. Aucune de ces questions ne demande de se flageller. Toutes demandent de regarder.
Changer le plan de jeu, pas le décor
Un échec analysé devient la dix mille et unième solution qui n’a pas fonctionné, et il rétrécit le champ des possibles dans le bon sens. Un échec expliqué par l’extérieur, lui, ne rétrécit rien du tout : il laisse le problème intact et il coûte de l’énergie.
Alors si vous traversez une période où rien ne semble prendre, essayez cette discipline. Laissez les excuses aux vestiaires, gardez les faits, et concentrez-vous sur la seule chose qui compte réellement : le prochain tir. Ce n’est pas de l’optimisme, c’est de l’économie d’énergie.
Si vous souhaitez creuser ce sujet, notre article sur la peur de l’erreur aborde l’autre versant de la question : ce qui nous empêche de tenter avant même d’avoir échoué.




















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