Il y a de la beauté dans le désordre
Il y a de la beauté dans le chaos. La seule question qui compte, et cela vaut pour à peu près tout, c’est ce qu’on en fait. Le désordre n’est pas nécessaire au changement, et il serait absurde de le souhaiter à qui que ce soit. Mais un bon vrai bazar étourdissant amène parfois des questions que le confort n’aurait jamais posées.
Certaines personnes arrivent en bilan de compétences en plein chaos : un poste qui s’arrête, une santé qui impose de revoir ses plans, une certitude professionnelle qui s’effondre d’un coup. D’autres le rencontrent en chemin, quand la réflexion déloge quelque chose qu’elles avaient soigneusement rangé.
La tentation de ranger trop vite
Devant ce désordre, le réflexe le plus naturel est de vouloir le ranger. Immédiatement, proprement, avec un plan d’action en trois étapes et une échéance. C’est rassurant pour tout le monde, et c’est souvent une erreur.
Parce qu’un rangement précoce fige des réponses qui n’ont pas eu le temps de se former. On choisit la première option viable plutôt que la bonne. On remplace une situation subie par une autre situation subie, avec l’impression d’avoir décidé.
S’asseoir dans le bazar
Le travail d’un coach, à ce moment-là, ressemble davantage à celui d’un sherpa qu’à celui d’un organisateur. Il ne s’agit pas d’éteindre le bruit, mais d’aider à trouver la bonne fréquence. Accepter de s’asseoir dans le désordre avec la personne, sans chercher à le résoudre avant de l’avoir compris.
C’est un exercice qui demande une certaine tolérance à l’inconfort, des deux côtés. Il consiste à tenir l’incertitude ouverte assez longtemps pour que ce qui compte vraiment apparaisse, et à la refermer au bon moment. Ni trop tôt, ce qui produit des projets de façade. Ni trop tard, ce qui produit de l’épuisement.
Le terreau des grands alignements
Vous le savez peut-être mieux que quiconque si vous traversez une période de ce genre : c’est souvent quand les certitudes volent en éclats que les plus belles trajectoires se dessinent. Non pas parce que la souffrance serait formatrice, elle ne l’est pas, mais parce que le désordre retire momentanément la possibilité de faire comme avant.
Alors, que ce soit au détour d’un bilan de compétences ou dans n’importe quel moment de bascule, ne craignez pas trop le désordre. Cherchez plutôt à qui vous pouvez le raconter, et ce qu’il essaie de vous dire. Notre article sur la crise de sens au travail décrit ce que ces périodes révèlent, et ce qu’on peut en faire.




















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