Qu’il est beau, le ciel gris, après la vague de chaleur qui a traversé la France ces derniers jours. Profitons-en, car ce genre d’épisode va se reproduire, cette année et au-delà. Est-on prêt·es ? Plus qu’en 2003, mais moins qu’il ne le faudrait, et on s'en est bien rendu compte la semaine dernière. Dans le cadre du collectif, on aborde notamment ce sujet par l'impact de ce réchauffement sur le monde du travail.
L’inégalité face à la chaleur
La canicule crée et renforce des inégalités, sur de nombreux sujets. Quatre d’entre eux ont été très visibles la semaine dernière : les missions et modalités du travail, le logement, les transports, et la parentalité. Quatre sujets très liés entre eux, de fait. Lorsqu’on habite dans un logement mal isolé ou non-climatisé, et qu’on travaille dans un bureau où il fait frais, on est content d’y aller.
Mais on dort peu, et mal, donc on travaille moins bien : d'après l'OMS, on perd jusqu'à 3% de productivité pour chaque degré au-dessus de 20°C. Si on utilise les transports en commun, le trajet peut devenir difficile, voir impossible (en Nouvelle-Aquitaine, les TER n’ont plus roulé entre 10h et 18h pendant plusieurs jours, bloquant par exemple des salarié·es à temps partiel ou en horaires décalés).
Le sujet devient encore plus compliqué lorsqu’on a des enfants, et que l’école ne peut pas les accueillir. Sans solution de garde alternative, nombreux sont celles et ceux qui ont dû les ramener au travail, ou rester chez eux et travailler à distance tout en s'en occupant. Quand c’est possible. Parce que la plupart des gens n’ont pas le choix du télétravail.
L'adaptation du monde du travail, tout un chantier
La semaine dernière nous a rappelé que notre économie est construite pour tourner à 25°C. Il faut donc re-penser la manière dont le travail fonctionne pendant l’été : aménagement des horaires, des règles de présence, des attentes de productivité, possibilité d’accueil des enfants, etc. Mais le monde du travail ne peut pas tout faire tout seul. Tout cela nécessite aussi des adaptations structurelles de la part des pouvoirs publics : adapter les règles juridiques, verdir les rues, financer les rénovations thermiques, assurer une continuité dans les transports ou encore les écoles (ce qui demande des investissements), etc.
Le sujet va bien plus loin que le débat sur la climatisation qui a envahi les écrans pendant quelques jours. Au sein du Collectif, on parle souvent de santé mentale et d'alignement au travail. Mais aussi important soit ce thème, longtemps écarté des débats, il ne doit pas nous faire oublier que sous 40°C, lorsque la santé physique revient au galop, être dans un poste aligné ne suffit plus.















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