Un manifeste, et puis quoi ?
Fin janvier 2022, nous publiions l’appel à ouvrir son carnet d’adresses en faveur de l’égalité des chances. Le constat était simple et il n’a pas vieilli : une offre d’emploi sur deux est invisible pour celles et ceux qui n’ont pas le bon contact. Le marché caché n’est caché que pour une partie de la population.
Un manifeste, c’est une intention. La seule question qui vaille est celle du lendemain : est-ce que quelque chose se passe réellement, et pour qui ?
Le premier duo
Il a eu lieu le 1er février 2022, le lendemain. D’un côté, une infirmière arrivant à la fin de son parcours d’accompagnement et se réorientant vers la data. De l’autre, Clara Chappaz, alors directrice de la French Tech.
Il faut mesurer ce que cette rencontre a d’improbable dans le cours normal des choses. Ces deux personnes n’avaient aucune raison de se croiser. Pas le même métier, pas le même secteur, pas les mêmes cercles, pas les mêmes lieux. C’est précisément la définition du problème : ce n’est pas que les portes soient fermées, c’est qu’on ne sait pas qu’elles existent, et personne ne vous y conduit.
Un duo ne règle pas une carrière. Il fait autre chose, et c’est suffisant : il rend un monde tangible. Après une conversation d’une heure avec quelqu’un qui exerce dans le secteur visé, on ne se demande plus si c’est pour soi, on sait quoi apprendre, qui rappeler, et quelle question poser ensuite.
Ce qui s’est passé ensuite
Les duos se sont enchaînés au fil de 2022, portés par des dizaines de personnes qui ont accepté d’ouvrir leur carnet à des inconnus. Aucune d’entre elles n’y gagnait quoi que ce soit, et c’est bien ce qui rend l’engagement remarquable.
En février 2022, une tribune coécrite avec Myriam El Khomri paraissait dans le Journal du Dimanche sous un titre sans ambiguïté : stoppons l’épidémie de job spleen. Elle se terminait par une phrase qui reste la meilleure formulation de ce que nous cherchons à faire : lorsque chacune et chacun aura trouvé sa place, alors peut-être retrouverons-nous enfin en France une véritable mobilité sociale.
Trois ans plus tard, ce geste a changé d’échelle et porte un autre nom, les connexions solidaires du Collectif Chance. La mécanique, elle, n’a pas bougé d’un millimètre : quelqu’un qui a un contact le donne à quelqu’un qui n’en a pas.
Les billets d’origine
- L’inauguration des duos, 1er février 2022
- La tribune sur le job spleen, dans le Journal du Dimanche, 16 février 2022
- L’appel accélère, 13 juillet 2022




















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