Peut-on toucher le chômage dans les « DOM-TOM » ? Oui, selon le territoire
Oui, le chômage outre-mer est indemnisé dans la plupart des territoires, mais pas partout selon les mêmes règles. Selon l’article 5 de la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, le régime géré par l’Unédic couvre l’Hexagone et les départements d’outre-mer, sauf Mayotte. Il couvre aussi trois collectivités : Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Dans ces territoires, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) suit le même règlement qu’en métropole, avec des durées plus longues. Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna relèvent d’autres règles.
Le règlement d’assurance chômage nomme ces territoires un par un : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Si vous y perdez votre emploi, vous vous inscrivez comme demandeur d’emploi et l’ARE vous est versée aux mêmes conditions qu’à Lyon ou à Lille. Ailleurs, les règles diffèrent.
- Mayotte a son propre régime, l’ARE-M, avec d’autres conditions et d’autres durées : 12 mois d’indemnisation au plus avant 50 ans, 24 mois ensuite. Il est présenté dans la page sur le chômage à Mayotte.
- La Nouvelle-Calédonie est compétente pour son droit du travail et sa protection sociale, selon l’article 22 de la loi organique du 19 mars 1999. L’allocation de chômage total s’y demande à la CAFAT, la caisse locale. Ses règles sont expliquées dans la page sur le chômage en Nouvelle-Calédonie.
- La Polynésie française fixe elle aussi son droit du travail. La loi organique du 27 février 2004 lui confie toutes les compétences que son article 14 ne réserve pas à l’État (article 13), et le droit du travail n’y figure pas. Son code du travail ne prévoit pas d’allocation chômage comparable à celle de France Travail. L’inscription comme demandeur d’emploi se fait au SEFI, le service de l’emploi du Pays : voir ce qui existe en Polynésie française après un licenciement.
- Wallis-et-Futuna ne figure ni parmi les territoires où s’applique le Code du travail, selon son article L1521-1, ni dans le champ de la convention d’assurance chômage. Ce territoire est traité dans la page sur la fin du contrat de travail à Wallis-et-Futuna.
L’expression « DOM-TOM », que beaucoup emploient encore, ne figure ni dans la convention ni dans le règlement. Ces textes nomment chaque territoire, et l’Unédic parle de « DROM-COM » dans ses fiches. Le Code du travail, lui, s’applique dans huit territoires d’outre-mer : les sept couverts par l’Unédic, plus Mayotte. Les autres différences entre territoires, au-delà du chômage, sont réunies dans la page « Quitter son emploi en outre-mer ».
Durée du chômage outre-mer : jusqu’à 24, 30 ou 36 mois selon l’âge
Dans les sept territoires d’outre-mer couverts par l’Unédic, l’indemnisation peut durer jusqu’à 730 jours (24 mois) avant 55 ans, 913 jours (30 mois) à 55 et 56 ans et 1 095 jours (36 mois) à partir de 57 ans. L’âge est apprécié à la fin du contrat. L’article 9 du règlement d’assurance chômage, annexé à la convention du 15 novembre 2024, l’explique : si vous y résidez à l’ouverture de vos droits, le coefficient de 0,75 appliqué en métropole depuis le 1er février 2023 ne joue pas.

Le calcul part du même nombre de jours partout. La durée est égale au nombre de jours calendaires entre le premier jour d’emploi de la période de référence et la fin de cette période. Cette période couvre les 24 mois qui précèdent la fin du contrat, ou 36 mois à partir de 55 ans. Certaines périodes hors contrat en sont retirées : arrêt maladie de plus de quinze jours consécutifs, congé maternité ou paternité, accident du travail. Les jours sans contrat ne comptent que dans la limite de 70 % des jours travaillés.
En métropole, ce nombre est ensuite multiplié par 0,75 et arrondi au jour supérieur. Outre-mer, il est retenu tel quel, dans la limite des plafonds. Il ne descend jamais sous 182 jours, ou 152 jours pour des droits ouverts au seuil réduit, réservé à une première ouverture de droits en vingt ans ou à un parcours fait uniquement de contrats saisonniers.
| Âge à la fin du contrat | Outre-mer (hors Mayotte) | Métropole |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 730 jours, 24 mois | 548 jours, 18 mois |
| 55 et 56 ans | 913 jours, 30 mois | 685 jours, 22,5 mois |
| 57 ans et plus | 1 095 jours, 36 mois | 822 jours, 27 mois |
Source : règlement général d’assurance chômage, article 9, § 4 (texte consolidé avec l’avenant n° 2 du 10 avril 2026).
Prenons une salariée de 42 ans, à La Réunion, licenciée après cinq ans de CDI. Les 24 mois de sa période de référence sont couverts par son contrat, soit 730 jours. Elle est indemnisée 730 jours. En métropole, la même salariée le serait 548 jours : 730 × 0,75 = 547,5, arrondi à 548.
L’Unédic donne aussi l’exemple d’un parcours fait de plusieurs contrats. Il compte 634 jours entre le premier jour du premier contrat et la fin du dernier, ramenés à 568 par la limite des jours sans contrat. Après le coefficient, la métropole retient 426 jours. Pour une personne qui réside en Martinique à l’ouverture de ses droits, le calcul s’arrête à 568 jours.
En métropole, un complément de fin de droits rend la durée retirée aux allocataires en fin de droits quand le taux de chômage atteint 9 % ou progresse de 0,8 point en un trimestre. Il ne vous concerne pas : votre durée n’a pas été réduite au départ, selon l’article 9, § 1er, 3°, du règlement.
Si vous voulez que ces mois servent aussi à choisir la suite : chez Chance, nous accompagnons à distance les personnes des départements d’outre-mer, notamment avec notre bilan avec des connexions.
Après une rupture conventionnelle : 20 mois avant 55 ans, 30 mois ensuite
Après une rupture conventionnelle individuelle, l’indemnisation outre-mer, hors Mayotte, est plafonnée à 608 jours (20 mois) avant 55 ans et à 913 jours (30 mois) à partir de 55 ans. Le règlement d’assurance chômage, modifié par l’avenant n° 2 du 10 avril 2026, fixe ces plafonds pour les contrats qui prennent fin le 1er septembre 2026 ou après. Ils visent la personne qui réside dans l’un des sept territoires à l’ouverture de ses droits. En métropole, ils sont de 456 et 624 jours.
L’effet du plafond dépend de votre âge. Avant 55 ans, il retire jusqu’à 122 jours à la durée de droit commun : 608 au lieu de 730, sans prolongation possible. À 55 et 56 ans, il ne change rien : 913 jours, c’est déjà le maximum outre-mer après un licenciement. À partir de 57 ans, il ramène le maximum de 1 095 à 913 jours, mais vous pouvez demander à France Travail de prolonger votre indemnisation jusqu’à 1 095 jours, soit 36 mois. La décision suit l’examen de vos démarches de recherche d’emploi ou de votre projet professionnel.
| Âge à la fin du contrat | Plafond outre-mer | Prolongation outre-mer, sur demande | Plafond en métropole |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 608 jours, 20 mois | Aucune | 456 jours, 15 mois |
| 55 et 56 ans | 913 jours, 30 mois | Aucune | 624 jours, 20,5 mois |
| 57 ans et plus | 913 jours, 30 mois | Jusqu’à 1 095 jours, 36 mois | 624 jours, 20,5 mois |
Source : règlement général d’assurance chômage, article 9, § 8 et § 9 ; Unédic, fiche « Rupture conventionnelle » du 7 octobre 2026.
À partir de 57 ans, France Travail vous prévient 60 jours avant que vous atteigniez le plafond. La demande de prolongation reste possible jusqu’à 30 jours après. En cas de refus, vous pouvez saisir l’instance paritaire régionale ou territoriale dans les 30 jours calendaires qui suivent sa notification, selon la fiche de l’Unédic mise à jour le 7 octobre 2026.
Prenons un salarié de 45 ans, en Martinique, en CDI depuis six ans, dont la rupture conventionnelle prend fin le 30 novembre 2026. Sa période de référence est entièrement travaillée, soit 730 jours. Le plafond ramène pourtant son indemnisation à 608 jours. Licencié à la même date, il aurait eu droit à 730 jours.
Le plafond ne vise que la rupture conventionnelle individuelle du Code du travail, et ses équivalents dans la fonction publique et pour le directeur général d’un office public de l’habitat. La rupture conventionnelle collective n’est pas concernée. Le reste de la procédure, de l’homologation à l’assistance pendant les entretiens, est traité dans la page sur la rupture conventionnelle en outre-mer.
Conditions pour toucher l’allocation chômage outre-mer : celles de la métropole
Les conditions d’ouverture des droits sont les mêmes qu’en métropole. Le règlement d’assurance chômage du 15 novembre 2024 n’en prévoit aucune qui soit propre à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous devez avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 mois qui précèdent la fin du contrat, 36 mois à partir de 55 ans. Il faut aussi avoir perdu votre emploi involontairement, être inscrit comme demandeur d’emploi et résider sur le territoire couvert.
- Le travail exigé : 130 jours travaillés ou 910 heures, comptés jusqu’au terme du préavis. Pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026, 108 jours ou 758 heures suffisent si vous n’avez eu aucune ouverture de droits depuis vingt ans. La durée minimale d’indemnisation est alors de 152 jours. Les salariés licenciés parce que leur établissement ferme définitivement sont dispensés de cette condition.
- La perte d’emploi involontaire : licenciement, fin de CDD ou de mission d’intérim, rupture anticipée d’un CDD par l’employeur, rupture conventionnelle. Comptent aussi la rupture d’un commun accord prévue par un accord collectif et les démissions que le règlement juge légitimes. S’y ajoute la démission pour un projet professionnel attesté par la commission paritaire régionale, avec 1 300 jours travaillés sur les 60 mois qui précèdent la fin du contrat.
- L’inscription comme demandeur d’emploi, au plus tard douze mois après la fin du contrat. Ce délai est allongé notamment des arrêts maladie indemnisés. Il faut ensuite rechercher un emploi de façon effective et permanente, ou suivre une formation inscrite au contrat d’engagement ou financée par le compte personnel de formation.
- L’aptitude physique à occuper un emploi, et ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite avec tous vos trimestres, ni 67 ans.
- La résidence sur le territoire couvert par le régime : l’Hexagone, les départements d’outre-mer hors Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Ces conditions et le reste du parcours sont détaillés dans l’article sur le chômage après un licenciement : inscription, actualisation mensuelle, obligations du demandeur d’emploi. Ses règles valent aussi dans ces territoires, sauf sur les points que cette page détaille.
Allocation chômage en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion : quel montant ?
L’allocation chômage se calcule en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion et dans les autres territoires couverts comme en métropole. Selon l’article 14 du règlement d’assurance chômage de 2024, l’allocation journalière brute est la plus favorable de deux formules. La première donne 40,4 % du salaire journalier de référence plus 13,18 €, la seconde 57 % de ce salaire. Elle ne dépasse pas 75 % de ce salaire et, dans cette limite, ne descend pas sous 32,13 € par jour. Ces montants de 2025 n’ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026.
Le salaire journalier de référence reprend vos salaires bruts de la période de référence, primes comprises. Ils sont divisés par le nombre de jours calendaires entre le premier jour d’emploi de cette période et la fin du dernier contrat, 730 ou 1 095 jours au plus selon l’âge. Les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, de préavis ou de congés payés n’y entrent pas. Le salaire retenu est plafonné à 16 020 € bruts par mois en 2026.
Le règlement ne prévoit aucun montant propre à l’outre-mer. Il ne nomme ces territoires qu’à propos de la durée d’indemnisation, de l’aide à la création d’entreprise et des périodes de travail d’avant le 1er septembre 1980, retenues pour le maintien des droits jusqu’à la retraite.
Prenons un salaire journalier de référence de 60 €, soit 1 825 € bruts par mois sur une année pleine (60 × 365 / 12). La première formule donne 24,24 € + 13,18 € = 37,42 €. La seconde donne 34,20 €. L’allocation est donc de 37,42 € bruts par jour, au-dessus du minimum de 32,13 € et sous la limite de 45 €, soit 75 % de 60 €. Elle est payée chaque mois, à terme échu, sur la base de 30 jours : 1 122,60 € bruts.
Les retenues sociales viennent ensuite. Dans les départements d’outre-mer, ce sont toutes celles de la métropole, selon les Paramètres utiles de l’Unédic d’avril 2026. Une participation de 3 % du salaire journalier de référence finance la retraite complémentaire. La contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) dépendent du revenu fiscal du foyer (exonération ou taux réduit pour les revenus modestes). Leur prélèvement ne peut pas ramener l’allocation sous 62 € par jour, selon la circulaire de l’Unédic du 1er septembre 2026. Dans l’exemple, seule la participation est retenue : 1,80 € par jour, et il reste 35,62 € par jour avant l’éventuel impôt sur le revenu.
La dégressivité s’applique outre-mer : le règlement ne prévoit aucune exception. Elle touche les allocataires de moins de 55 ans à la fin du contrat dont l’allocation dépasse 92,57 € par jour. L’allocation baisse alors de 30 % à partir du 183e jour, sans descendre sous 92,57 €. Certaines formations de plus de 40 heures, inscrites au contrat d’engagement ou financées par le compte personnel de formation, suspendent ce délai.
Avec un salaire journalier de référence de 200 €, l’allocation de 114 € tomberait à 79,80 € : elle passe donc au plancher de 92,57 €. Comme la durée est plus longue outre-mer, la baisse y pèse plus longtemps. Sur 730 jours, 548 sont versés au montant réduit, contre 366 sur les 548 jours de la métropole.
Inscription, différés, premier versement : les délais outre-mer
Les délais avant le premier versement sont ceux du règlement d’assurance chômage de 2024, qui n’en fixe aucun propre à l’outre-mer. La fin du contrat doit se situer dans les douze mois qui précèdent votre inscription comme demandeur d’emploi. Le versement attend ensuite, dans cet ordre, la fin du différé lié aux indemnités de rupture supérieures au minimum légal, celle du différé lié aux congés payés, puis un délai d’attente de sept jours. L’allocation n’est jamais versée pour une période antérieure à l’inscription.

- S’inscrire tôt : l’inscription à France Travail est possible dès le lendemain de la fin du contrat, sans attendre l’attestation de l’employeur. S’inscrire après la fin des différés fait perdre des jours d’indemnisation.
- Le différé spécifique : il retient la part des indemnités qui ne résulte pas directement de la loi, comme une indemnité conventionnelle ou négociée au-delà de l’indemnité légale, ou une indemnité transactionnelle. Pour une fin de contrat en 2026, cette part est divisée par 111,8, et le nombre de jours est la partie entière du résultat. Le différé est limité à 150 jours, ou 75 jours après un licenciement économique. L’Unédic prend l’exemple de 12 000 € : 107,33, soit 107 jours. Les sommes allouées par un juge n’en font pas partie.
- Le différé congés payés : l’indemnité compensatrice de congés payés divisée par le salaire journalier de référence, 30 jours au plus.
- Le délai d’attente de sept jours, appliqué une seule fois par période de douze mois.
L’Unédic illustre l’enchaînement : fin de contrat le 31 octobre, inscription le 15 novembre, 12 jours de différé spécifique, 17 jours de différé congés payés et 7 jours d’attente. Les allocations sont dues à partir du 7 décembre.
Formation, création d’entreprise, CSP : les règles outre-mer
Au-delà de la durée, l’outre-mer a des règles propres pour la formation des seniors et pour l’aide à la création d’entreprise. Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) y est ouvert comme en métropole. Selon la fiche de l’Unédic sur la durée d’indemnisation, mise à jour le 5 octobre 2026, une formation suivie à 55 ou 56 ans peut allonger vos droits de 182 jours au plus si vous résidez outre-mer, contre 137 en métropole. À partir de 57 ans, cet allongement n’existe pas outre-mer.

L’allongement suppose une formation inscrite au contrat d’engagement ou financée en tout ou partie par le compte personnel de formation. À 55 ou 56 ans, il faut aussi plus de 913 jours calendaires dans la période de référence. La durée ainsi augmentée ne dépasse jamais 1 095 jours. À 57 ans et plus, l’Unédic l’écarte pour les résidents d’outre-mer, parce que leur durée n’a pas subi le coefficient de 0,75 : leur maximum est déjà de 1 095 jours.
Pour créer ou reprendre une entreprise, vous pouvez demander l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise. Elle représente 60 % des allocations qui vous restent dues, en deux versements égaux. Le second arrive six mois après le premier, si l’activité continue et que vous n’êtes pas en CDI à temps plein. En métropole, l’aide suppose d’avoir obtenu l’exonération de cotisations prévue à l’article L131-6-4 du Code de la sécurité sociale. Dans les sept territoires, l’article 35 du règlement en dispense l’allocataire qui bénéficie de l’exonération de cotisations de l’article L756-5 du même code, propre à l’outre-mer, « pour une période de 24 mois ».
Le CSP, proposé en cas de licenciement économique, est ouvert aux salariés qui résident en métropole, dans les départements d’outre-mer sauf Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, selon l’Unédic. Mayotte a son propre dispositif. La convention du CSP est prolongée jusqu’au 31 décembre 2026. Au 27 octobre 2026, aucune prolongation au-delà n’a paru au Journal officiel, et un CSP en cours à cette échéance reste régi par la convention.
S’installer outre-mer pendant son chômage : durée et résidence
Votre durée d’indemnisation dépend de votre lieu de résidence à la date d’ouverture de vos droits, pas du lieu où vous avez travaillé. L’article 9 du règlement d’assurance chômage de 2024 règle aussi le cas où vous ouvrez vos droits en métropole avant de vous installer outre-mer. Hors rupture conventionnelle, vous recevez en fin de droits le complément de fin de droits, sans condition de conjoncture. Après une rupture conventionnelle, ce complément s’arrête aux plafonds d’outre-mer, 608 ou 913 jours (circulaire de l’Unédic de septembre 2026).

Le complément porte la durée jusqu’au nombre de jours calculé sans coefficient, dans la limite de 730, 913 ou 1 095 jours selon l’âge. Prenons un demandeur d’emploi de 40 ans qui ouvre ses droits à Lyon avec 730 jours de période d’emploi : il est indemnisé 548 jours. S’il réside en Guadeloupe quand ces 548 jours s’achèvent, le complément le porte à 730 jours. Ce qui compte, c’est la résidence dans le territoire à la date de fin des droits.
L’allocation, elle, suppose de résider sur le territoire couvert par le régime. Selon l’article 25 du règlement, elle n’est plus due quand vous cessez d’y résider. Vous êtes réputé y résider si vous y êtes effectivement présent plus de six mois dans l’année de versement. Ce territoire comprend l’Hexagone et les sept territoires d’outre-mer couverts. La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna n’en font pas partie, selon l’article 5 de la convention.
Préparer la suite depuis l’outre-mer : un accompagnement à distance
Une indemnisation qui peut durer 24 mois laisse du temps pour construire la suite. Si vous voulez que cette période débouche sur un projet précis, un bilan de compétences sert à le définir. Chez Chance, notre bilan avec des connexions se suit à distance depuis les départements d’outre-mer. Il compte 14 sessions sur 3 mois : 7 avec votre coach et 7 sur Æcho, notre plateforme d’accompagnement en ligne. Suivent 2 sessions de suivi avec le coach et 2 sur Æcho, de 1 à 3 mois après la fin.
Votre coach fait partie de nos 210 coachs partenaires : tous ont au moins dix ans d’expérience professionnelle, et leur certification de coaching est ICF et RNCP. Le bilan avance selon le Trèfle de Chance™, quatre étapes inspirées par Robert Dilts : Clarifier, Explorer, Valider, Concrétiser.
Le bilan vous ouvre aussi le Collectif Chance, où vous restez une fois le parcours terminé : 20 000 Chanceux, comme nous désignons les personnes que nous accompagnons. Deux mises en relation s’y font. La Connexion Feedback vous fait échanger avec quelqu’un qui exerce déjà le métier envisagé ; la Connexion Dernier kilomètre part d’une offre d’emploi pour trouver, avec l’aide de l’IA, la personne qui fera la passe décisive. Ce sont les Connexions Chance.
Un repère sur notre accompagnement : en analysant le parcours de plus de 50 000 personnes accompagnées depuis 2015, nous avons constaté que 75 % des Chanceux ont déjà mis en place le projet qu’ils avaient défini, 6 mois après.
Questions fréquentes
Mes droits ouverts en Guadeloupe sont-ils réduits si je m’installe en métropole ?
Non. Selon la circulaire de l’Unédic du 1er septembre 2026, quand vous quittez l’outre-mer pour la métropole, la durée notifiée à l’ouverture de vos droits ne change pas : le coefficient de 0,75 ne s’y applique pas. En conséquence, aucun complément de fin de droits ne peut vous être attribué si la conjoncture se dégrade. L’allocation continue d’être versée, puisque l’Hexagone fait partie du territoire couvert. Déclarez votre changement de domicile à France Travail dans les trente jours, comme l’exige l’article R5411-8 du Code du travail.
J’ai signé ma rupture conventionnelle en juillet 2026 : le plafond de 608 jours s’applique-t-il ?
Oui, si la date de fin du contrat fixée par la convention est le 1er septembre 2026 ou après. Selon l’Unédic, seule cette date compte, ni la signature ni l’homologation. Une convention signée en juillet avec une fin de contrat au 15 septembre 2026 relève donc des plafonds de 608 ou 913 jours. Une fin de contrat au 31 août 2026 relève des durées de droit commun : 730, 913 ou 1 095 jours selon l’âge.
Je démissionne pour suivre mon conjoint muté en Guyane : ai-je droit au chômage ?
Oui, si votre conjoint change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi. Le règlement range cette démission parmi les démissions légitimes, que le nouvel emploi soit salarié ou non, qu’il vienne d’une mutation ou d’une embauche. Les autres conditions restent exigées : 130 jours ou 910 heures de travail, inscription, recherche d’emploi. La durée est celle de l’outre-mer si vous résidez en Guyane à l’ouverture de vos droits.
J’ai été indemnisé à Mayotte et je m’installe en Martinique : mes droits me suivent-ils ?
Oui, dans la limite des jours qui restent. Les droits ouverts à Mayotte sont transférables quand vous vous inscrivez comme demandeur d’emploi dans un territoire couvert par la convention d’assurance chômage. L’allocation est alors calculée selon le règlement général, à partir du salaire journalier moyen établi selon le règlement de Mayotte. Elle est versée dans la limite du reliquat. Le transfert joue aussi dans l’autre sens, et les périodes de travail des deux régimes s’additionnent pour ouvrir de nouveaux droits.
Je reprends un CDD de trois mois à La Réunion : est-ce que je perds mes droits ?
Non : chaque mois, 70 % du salaire brut de ce travail sont retirés des allocations du mois. Les jours qui ne sont pas versés ne sont pas perdus : ils repoussent la fin de vos droits. L’allocation et le salaire cumulés ne peuvent pas dépasser votre ancien salaire mensuel de référence. L’activité se déclare lors de l’actualisation mensuelle. Ces règles de cumul sont celles du règlement général, sans exception pour l’outre-mer.
Sources
- CAFAT : « Allocation de chômage total »
- Code du travail : articles L1521-1, R5411-8
- France Travail : « Faut-il attendre son attestation employeur pour s’inscrire ? »
- Légifrance : loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie, article 22 ; loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française, article 13 ; loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française, article 14
- Lexpol : code du travail de la Polynésie française, version consolidée
- SEFI : « Demandeur d’emploi »
- Unédic : « Assurance chômage : une condition d’accès assouplie pour les primo-entrants » ; circulaire n° 2026-01 du 2 janvier 2026 ; circulaire n° 2026-06 du 1er septembre 2026 ; communiqué du 30 juin 2026 : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 ; convention du 15 novembre 2024 relative à l’assurance chômage, texte consolidé (article 5) ; « Dans quel délai vais-je être indemnisé(e) ? » ; fiche « Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) », mise à jour le 5 octobre 2026 ; fiche « Durée d’indemnisation », mise à jour le 5 octobre 2026 ; fiche « Rupture conventionnelle », mise à jour le 7 octobre 2026 ; « Le CSP prolongé jusqu’à fin 2026 » ; Paramètres utiles, avril 2026 ; règlement d’assurance chômage applicable à Mayotte ; règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, texte consolidé avec les avenants n° 1 et n° 2










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