"Tu parles d’inégalités des chances et de mobilité sociale, mais t’y connais quoi toi ?
T’es un fils de cadres" Puisqu’on parle de mon père… il s’appelle Loïc ! Il a 77 ans et comme vous voyez, il n’a pas vraiment de "cheveux de riches", lui ;)
Il y a 40 ans, juste avant ma naissance, il a pris la tête d’une petite usine en faillite à Feuquières, en Picardie.
Elle comptait 200 salariés, un taux d’alcoolisme record, et un plan de licenciement démarrait.
40 ans plus tard, SAVERGLASS est devenue leader mondial du design et de la production de bouteilles pour les vins et spiritueux haut de gamme.
Non seulement l’usine de Feuquières a grandi, mais l’entreprise compte désormais 4 000 salariés dans le monde entier et exporte ses produits dans 120 pays
💫 Qu’est-ce qu’il a fait de différent avec son équipe pour en arriver là?
Il a compris que les inégalités de départ des salariés n’étaient pas une fatalité, et qu’il y avait des moyens d’agir pour les corriger
🔔 Comprenant que là d’où vous venez socialement dicte souvent votre compréhension des enjeux financiers,
- il a donné des cours du soir de compta et de finance aux collaborateurs pour expliquer la différence entre chiffre d’affaires, bénéfices, rentabilité, et permettre à tous de parler le même langage
🔔 Comprenant que la répartition traditionnelle des gains entre Capital et Travail penchait franchement d'un côté,
- il a mis en place un intéressement il y a 40 ans quand ça n’existait quasiment nulle part en France
- Il a institué l’actionnariat salarié comme condition non négociable avec les fonds d’investissement actionnaires. La part des salariés est passée de 8% à 35% de détention dans les 10 dernières années
🔔 Comprenant que ce que faisaient vos parents dicte souvent votre niveau de formation initiale,
- il a parié sur la formation intensive tout au long de la vie pour former celles et ceux qui sont devenus… les meilleurs verriers du monde.
Le “Robin des bois barbu” le surnommait un actionnaire financier,
à qui il s'est d'ailleurs ensuite vigoureusement opposé, quand ce dernier a méprisé un salarié.
Au point de se faire virer.
Mais les syndicats sont montés au créneau pour exiger le retour de leur patron!
Il raconte tout ça dans un livre qui vient d'être publié chez Eyrolles
"Souffler le Feu Sacré, 40 ans d’audace et de vision sociale”, lancé chez Wake up Café WKF, l’association de réinsertion des anciens détenus avec laquelle il travaille désormais.
Alors… je suis fils de cadre, oui. Et j'ai compris en grandissant quels étaient les bénéfices d'un capital social et économique, de pouvoir être aidé, de pouvoir voir s'ouvrir certaines portes qui sinon seraient restées fermées. Tout ça je l’ai vu de près, et les inégalités sociales, de fait, j’en ai bénéficié.
Mais j’ai aussi appris, en regardant mon père, qu’on pouvait “servir plutôt que se servir”, et qu’en comprenant les différentes inégalités, on pouvait vraiment trouver des moyens pour s’y attaquer.
Publié initialement sur LinkedIn le 18 février 2026. Voir le post d'origine.




















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