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Comment déceler et exprimer ses talents ?

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Stéphanie Pirra, coach professionnelle chez Chance, est venue nous donner ses conseils sur les talents. Qui sont-ils ? Quels sont les nôtres ? En a-t-on sans le savoir ? Comment les valoriser ?

Un talent, qu’est-ce que c’est ?

Pour se mettre en jambe, revenons sur l’histoire et l’étymologie du mot “talent”. Dans l’Antiquité grecque, le talent était une monnaie. C’est en fait dans une parabole qu’on trouve dans le Nouveau Testament que le mot prend son sens actuel.

La parabole des talents

La “parabole des talents” raconte l’histoire d’un maître qui, pour mettre à l’épreuve ses trois serviteurs, leur donne à chacun des pièces d’argent (des talents, donc) et leur recommande d’en prendre soin.

Les deux premiers les placent et les font fructifier, et le troisième serviteur les enterre dans son jardin par peur de se faire voler. Résultat des courses : le troisième n’a rien gagné et se fait punir.

Pourquoi le dernier est-il puni ? Parce que le talent, comme une monnaie, était son capital. Caché, il ne servait à rien. Placé, il pouvait évoluer, vivre, et servir à la fois son propriétaire et, plus largement, la société.

Sans entrer dans une définition contemporaine du capitalisme et de ses applications actuelles, le capitalisme consiste à faire évoluer son capital. Et un capital, c’est un bien — qui peut être immatériel : on parle de "capital santé", par exemple.

Au-delà de ça, un capital est un bien à faire valoir. Et le talent, c’est un capital.

Dans la parabole des talents, l’idée est que ce qu’on reçoit — un “don”, donc (tiens tiens, ça aussi, c’est finalement plus matériel qu’il n’y paraît) -, a vocation à être cultivé.

Maintenant, comment le talent se définit-il aujourd’hui ?

“Un talent est une prédisposition, quelque chose de naturel qui permet d’agir et réagir, qu’on peut reproduire sans effort. C’est une aptitude à exceller dans un domaine en particulier, qu’on a plaisir à mettre en action, on peut même dire : qui rend heureux !”

Qu’est-ce qui différencie un talent d’une compétence ?

“On confond souvent talent et compétence mais le premier est tout à fait personnel et relève d’une prédisposition (même s’il peut aussi s’apprendre et se cultiver) alors que la compétence est plus de l’ordre de l’aptitude technique acquise.”

Aller plus loin

Pour plus de détails sur les compétences, nous suggérons la lecture de cet atelier d’autocoaching concocté par nos soins : “Valorisez vos compétences pour réussir votre transition professionnelle.”

Pourquoi ne porte-t-on pas nos talents en médaille ?

Déjà, parce nos talents sont personnels. Et notre rapport à l’intime a tendance à dissocier ce qui relève du plus profond de nous, et ce qui relève du collectif, du communément acceptable et valorisable. On le met — au mieux — dans la case hobbies du CV.

Pour résumer le problème :

“Nous sommes conditionnés depuis l’enfance à ne pas trop la ramener”

La famille, l’école et la société peuvent être des usines à mettre nos talents en miettes. Ne caricaturons évidemment pas : certains professeurs font un travail inouï pour assurer aux enfants une confiance en leurs talents, certaines familles survalorisent ce point. Mais le message ambiant porté par la société est relativement castrateur : soit tu es un génie et prouve-le, soit tu remballes tes talents et, comme le dit sans détour Stéphanie Pirra, “tu ne la ramènes pas trop”.

Entrons dans le détail de ces mécanismes pour mieux comprendre d’où nous vient cette croyance limitante selon laquelle nos talents ne valent pas 3 kopecks, et en venir à bout.

En famille, on confond se mettre en valeur et se vanter

Certaines familles transmettent un devoir d’humilité, de discrétion, de modestie. Beaucoup d’entre nous ont même du mal à accepter un compliment.

"Quand on confond se mettre en valeur et se vanter, en fait on confond 'avoir un talent', qui est quelque chose pour lequel on est naturellement doué(e) avec 'être talentueux/se' qui apporte la notion de l’exceptionnel. Or, là où l’on a un talent, il y a de fortes chances pour que des faits viennent parler à notre place. Rien d’exceptionnel, du factuel ! De plus, la zone de vantardise, c’est aussi le regard de l’autre. C’est peut-être lui/elle qui se met dans la comparaison au regard de votre propre talent."

(NDLR : Stéphanie Pirra, acceptez-vous de vous marier avec nous ?)

À l’école, faire parler ses talents revient à “se reposer sur ses lauriers”

“Bon travail, mais [insérez ici votre prénom] se repose sur ses lauriers”

Reconnaissez-vous cette phrase inscrite en rouge sur nos bulletins scolaires ?

Avoir du talent à l’école devient source de complexes : si j’ai une prédisposition particulière pour les langues, que je retiens et apprends vite, mon talent sera vu comme une paresse, alors même que c’est quelque chose que je cultive avec bonheur et sans y penser.

Le mérite, comme la vérité, est ailleurs.

“L’école prend bien vite le relais et nous inculque que seul le travail soutenu, expérimenté dans l’effort et presque la souffrance, ou en tous cas le déplaisir, est source de mérite. Ce qui est totalement opposé à l’expression de nos talents qui se fait dans la fluidité et le plaisir.”

Un écho clair à l’injonction “Fais des efforts” dont nous parlons dans l’article “Se débarrasser des injonctions à être parfait(e)”.

Et la société, elle, nous incite à la mettre une bonne fois pour toute en veilleuse

“Enfin, la société nous habitue à la comparaison, quand ce n’est pas la compétition. Et bien souvent à notre désavantage parce que notre petite voix intérieure nous valorise rarement. Or, dans une dynamique de connexion à nos talents, il faut à tout prix éviter de se comparer. Il faut, au contraire, partir de soi.”

Par facilité, notre entourage a tendance à nous ranger dans des boîtes : l’intello, l’artiste, le/la flemmard(e), l’opportuniste… Cela peut créer des croyances dévalorisantes et on n’ose plus exprimer nos talents. Alors que, par exemple, le/la prétendue “flemmard(e)” a simplement un rythme particulier, une manière de passer à l’action plus intériorisée, et peut très bien apporter un rythme différent, très utile dans certains métiers. De même, l’“opportuniste” peut avoir la singularité, le talent, de mettre en relation et de créer des affaires.

"Mon talent n’a pas de valeur ajoutée"

Avec tout ça, à force de se faire réprimander sur nos “facilités”, nos joies de mettre en œuvre ce dans quoi on est bon (“tu te vantes, c’est mal”), la peur d’être une fois de plus enfermés dans une case qui ne nous ressemble même pas, et l’écrasant constat que nous ne sommes ni Picasso, ni Lady Gaga, ni Marcel Proust, on ferme les yeux sur nos talents, et même si on conserve la sensation que le talent est là, on ne le voit même pas comme une force :

“Un talent est tellement unique et personnel que, souvent, on ne le perçoit même pas. On croit que tout le monde a ce talent, que c’est quelque chose de banal, alors que c’est une vraie singularité, qu’on ne valorise pas. C’est donc parfois compliqué à identifier pour certains.”

"Je n’ai aucun talent : que faire ?"

Tout le monde a des talents mais en effet, il est parfois difficile de les repérer. Il est intéressant de commencer par comprendre les freins qui nous empêchent de nous reconnaître dans un talent et de l’exprimer. En prenant conscience de ces freins, nous changeons notre regard sur nous-même.

Comment se démarquer avec son talent sans passer par la case comparaison ?

Dans la sphère professionnelle notamment, nos talents (et compétences) doivent nous démarquer des autres, donc, de fait on est placé en situation de comparaison… Comment s'en dépatouiller ?

D'abord et avant tout, en gardant en tête que les systèmes de comparaison sont avant tout une relation à soi.

“La notion de comparaison vous appartient. Si vous vous mettez dans une dynamique de comparaison, vous allez envisager votre valeur avec ce filtre-là. Alors que vous pouvez choisir de le faire par rapport à ce que vous êtes, sans penser aux autres. La comparaison est avant tout une relation à soi. Demandez-vous où vous en êtes aujourd’hui et où vous voulez aller dans un mois ou un an, pour vous mettre dans une dynamique de développer encore plus votre talent.”

On en revient, une fois de plus, aux étiquettes qu’on nous assigne à l’école, au travail, dans notre famille. Elles nous freinent pour reconnaître “ce que l’on est”, et que “ce que l’on est” a de la valeur.

Pour savoir valoriser ses talents, la clé est de changer sa grille de lecture

“La prise de conscience des freins à l’expression de nos talents est un premier pas dans ce travail essentiel qui est le changement de notre grille de référence. Apprendre à mieux se connaître, c’est le travail de toute une vie, mais on peut commencer par changer notre cadre de lecture.”

Fort bien, mais concrètement, là, comment je m’y prends pour retrouver mes talents ?

Voici quelques outils concrets pour aiguiser la prise de conscience de vos talents. Ce sont des pistes que vous pouvez approfondir seul(e) ou avec un coaching professionnel.

1. Pour retrouver vos talents, revenez sur vos succès

C’est même le nom de l’une des activités d’autocoaching du parcours Chance, pour dire si c’est une étape nécessaire. Là encore, n’allez pas forcément chercher l’exceptionnel. Juste là où ça s’est bien passé, quand vous étiez à l’aise dans une action, une dynamique, quelque chose de serein, de facile… Ça rejoint la notion de flow (dont nous parlons dans notre article dédié aux moteurs). Revoyez-vous au maximum de votre potentiel mais sans forcer. Stéphanie a développé un terme propre à ce sentiment : “la performance sereine”. Une astuce : “Commencez peut-être par la sphère privée puis sociale si ça vous inspire plus.”

2. Vos talents sont au cœur de vos ressentis, de ce qui parle à vos valeurs : soyez à l’écoute

Référez-vous aux intelligences multiples : kinesthésique (liée au corps), spirituelle (ou existentielle) rythmique (liée à la musique), linguistique, interpersonnelle… Partout où vous êtes dans un plaisir et une facilité. Vos talents sont aussi étroitement liés avec vos valeurs, ce que vous ressentez comme important. Vos talents vous permettent d’aller appliquer vos valeurs, de la façon la plus authentique possible. Il en ressort donc des émotions très puissantes.

Soyez attentifs au quotidien aux sentiments

  • de satisfaction
  • de fierté
  • d’accomplissement

Vous les voyez émerger peu à peu ? Ce sont vos talents, ravis d’être enfin reconnus par vous dans des moments tour à tour quotidiens et professionnels.

3. Pour (re)connaître vos talents cachés, sollicitez votre entourage

“Vous pouvez commencer par écouter ce que votre entourage dit de joli sur vous. Là où vous pouvez l’étonner et lui inspirer de l’admiration. Et puis vous pouvez même demander à vos proches directement ce qu’ils pensent de vous !”

C’est une des premières activités du parcours Chance, accessible dans l’essai gratuit. Les témoignages que nous recevons sont sans appel : solliciter les retours des proches est une source inestimable de prise de conscience de nos talents, de nos forces (ce que Stéphanie appelle “nos talents en action”) et donc de confiance en soi.

4. Et la science, alors ? Faites des tests de personnalité (les vrais) !

Ce qui est intéressant avec les tests, c’est la dynamique ludique et instructive. Ils sont très énergisants et permettent d’identifier de nombreux talents. Stéphanie recommande notamment “L’inventaire des forces de caractère” du VIA Institute on Character.

Ajoutons enfin que dans le parcours Chance, il y a deux tests sur les talents, l’un sur les activités et les environnements qui nous correspondent (accessible dans l’essai gratuit) et l’autre sur ses forces et qualités. Tout est là, à portée de main !

5. Et… action ! L’inné et l’acquis ne s’opposent pas mais se valorisent entre eux

Enfin, mettez-vous en action. Expérimentez, faites les choses de façon différente, mettez-vous en mouvement, apprenez. L’inné et l’acquis ne s’opposent pas mais se valorisent. Faites d’un intérêt, d’une affinité, une spécificité et donc un talent. C’est très utile dans une dynamique de reconversion car ça vous met dans la dynamique de continuer à vous former et d’oser. Oser la nouveauté et oser aller à la rencontre de vous-même, osez mieux vous connaitre, vous reconnaître, naviguer avec votre singularité dans les petits riens du quotidien comme dans les grands défis.

"L’idée est de se mettre dans la même dynamique que ces livres dont vous êtes le héros : l’aventure, ici, c’est d’être soi avec plaisir et sérénité, dans une dynamique d’accomplissement et d’épanouissement."

À ce sujet, notre article “Donnez-vous la permission d’oser” tombe pile poil à pic.

"Déceler et exprimer vos talents vous permet d’être au clair avec vos aspirations, de vous exprimer dans votre plein potentiel, donc de vous mettre en action et de gagner en confiance et sérénité, de créer de la valeur dans votre vie. Oui, le talent crée de la valeur."

Comment faire de ses talents un métier ?

“Je souhaite faire de mes talents artistiques mon métier, mais j’ai peur de ne pas pouvoir en vivre, que faire ?” Quand on est dans une dynamique de vouloir utiliser ses talents artistiques pour en faire une entreprise, il y a deux métiers : celui pour lequel on a du talent et le métier de chef d’entreprise, qui requiert d’autres talents. Il faut travailler les deux : le talent artistique et le talent entrepreneurial.

Finissons sur un point important : comme proposé dans le parcours Chance, il faut commencer par analyser nos besoins matériels pour ne jamais se mettre en danger.

Quels sont les critères auxquels doit répondre un travail épanouissant ?

Un travail qui rend heureux doit absolument répondre à 4 critères essentiels, et c’est ainsi que vos talents pourront s’y épanouir :

  • le métier (l’activité),
  • l’environnement (PME, grosse entreprise, indépendant, itinérant, fonctionnaire, asso, etc.),
  • les impératifs (financiers, géographiques, familiaux etc.),
  • la finalité (l’utilité/le sens). Ce sont 4 piliers fondamentaux, et c’est autour d’eux que le parcours Chance est bâti. Pour faire de ses talents son métier, il est ainsi nécessaire de réfléchir à l’ensemble de ces modalités.

Alors, prêt(e)s à valoriser vos talents ?

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