Faut-il faire un bilan de compétences avant une formation ?
Non : le Code du travail ne subordonne pas une formation à un bilan de compétences. Son article L6323-6, en vigueur depuis le 27 juin 2026, range les formations certifiantes et les bilans parmi les actions payées par le compte personnel de formation (CPF), sans ordre entre elles. Vous pouvez donc vous former tout de suite, sans bilan : restent à vérifier les prérequis de la formation, ses dates, son financement et les conditions de celui qui la paie.
Le bilan reste un choix personnel. L’article L6313-4 exige votre consentement : refuser ne constitue « ni une faute ni un motif de licenciement ». La question utile porte donc sur l’ordre. La réponse dépend de ce que vous savez déjà : le métier visé, la formation qui y mène, son prix, ce qu’il reste sur votre compte.
Pour qui veut faire le point avant d’y consacrer ses droits, le bilan de Chance est présenté plus bas, après les cas où un bilan ne sert à rien.
Bilan de compétences ou formation : la question que chacun traite
Un bilan de compétences répond à « que viser ? », une formation à « comment y arriver ? ». L’article L6313-4 du Code du travail fixe son objet : analyser vos compétences, aptitudes et motivations « afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation ». L’article L6313-1 en fait une catégorie distincte des actions de formation, et ce bilan ne délivre ni diplôme ni certification, rappelle Mon Compte Formation.
Le premier vous laisse un document de synthèse, dont vous êtes seul·e destinataire. La seconde, si elle est éligible au CPF, mène à une certification du répertoire spécifique ou du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Un bilan peut déboucher sur des recommandations de formation. Le guide du bilan de compétences détaille son déroulé.
| Critère | Bilan | Formation |
|---|---|---|
| Résultat | Un document de synthèse, pour vous seul·e | Une certification, un bloc ou une habilitation |
| Durée | 13 à 24 heures | Selon la certification |
| Droits CPF | 1 600 € au plus | 1 500 € au plus au répertoire spécifique (sauf CléA), sans plafond propre au RNCP |
| Participation | 150 € | 150 €, plus un complément possible en 2027 |
| Coût moyen 2025 | 2 069 € | 1 777 € (toutes actions) |
| Règle des cinq ans | Oui | Non |
Source : Code du travail, articles L6313-4, L6323-6, D6323-1 A, D6323-6 et R6323 ; Mon Compte Formation ; Caisse des dépôts (montant engagé divisé par le nombre de dossiers).
Se former sans bilan de compétences : quand il n’apporte rien
Un bilan de compétences n’apporte rien quand il ne reste rien à définir, quand votre employeur doit assurer la formation ou quand il vous priverait des droits qu’elle réclame. Son objet, selon l’article L6313-4 du Code du travail, est de définir un projet. Si le vôtre est déjà vérifié et chiffré, le bilan risque de seulement le confirmer, pour un coût qui peut atteindre 1 600 € de droits. Dans ces situations, passez à la formation.

Votre projet est déjà précis
Un projet précis se reconnaît à des réponses que vous donnez sans hésiter :
- le métier, nommé, avec ses tâches au quotidien (MétierScope, le service de France Travail, décrit les métiers et le marché du travail) ;
- la certification visée, l’organisme et la prochaine session ;
- les conditions de travail, vues de près : vous avez échangé avec des personnes qui exercent ce métier, ou vous l’avez pratiqué ;
- le plan de financement, votre revenu pendant la formation compris.
Si tout y est, la phase d’investigation d’un bilan referait un travail déjà fait : construire un projet et en vérifier la pertinence, dit l’article R6313-4. S’il reste un point à vérifier, une immersion ou un rendez-vous de conseil gratuit peut y suffire.
La formation est exigée pour garder votre emploi
Si un texte impose cette formation pour tenir votre poste, elle relève de votre employeur. Toute action de formation « qui conditionne l’exercice d’une activité ou d’une fonction, en application d’une convention internationale ou de dispositions légales et règlementaires » est du temps de travail effectif, salaire maintenu (article L6321-2). L’article L6321-1 ajoute que l’employeur assure l’adaptation des salariés à leur poste et veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi.
Aucun bilan à prévoir dans ce cas, et votre accord exprès reste nécessaire pour mobiliser votre CPF : refuser de l’utiliser n’est pas une faute (article L6323-2). N’attendez pas pour autant que la formation vienne d’elle-même. La Cour de cassation a jugé le 16 septembre 2026 (n° 25-12.634, publié) qu’un agent de sécurité privée sans carte professionnelle valide ni récépissé peut être licencié pour ce motif. Le manquement de l’employeur à son obligation de formation n’y change rien, mais il peut ouvrir droit à des dommages et intérêts.
Quand l’exigence vient de l’employeur sans texte derrière, vous ne pouvez pas l’écarter d’un simple refus. La cour d’appel de Bordeaux a jugé le 9 septembre 2025 (RG 23/00172) que l’article L6321-1 permet à l’employeur d’imposer une formation dans l’intérêt de l’entreprise, le salarié devant justifier d’un motif légitime de refus. La Cour de cassation raisonnait déjà ainsi sous l’ancien Code (7 avril 2004, n° 02-40.493 ; 5 décembre 2007, n° 06-42.905 ; non publiés).
Cette formation reste du temps de travail, salaire maintenu (article L6321-6). Hors du temps de travail, il faut un accord collectif ou le vôtre, et votre refus ne peut être retenu ni comme une faute ni comme un motif de licenciement (article L6321-7). En cas de désaccord, adressez-vous aux représentants du personnel ou à l’inspection du travail.
Vos droits CPF ne couvrent pas les deux
Quand la formation est décidée et que votre solde ne paie qu’une action, un bilan acheté avec le CPF se fait à ses dépens. Avec 2 400 € de droits et une formation à 2 000 €, passer d’abord par un bilan à 1 750 € fait monter ce que vous payez de 150 € à 1 350 €. C’est un exemple construit, détaillé plus bas. Restent deux issues : garder vos droits et faire le point par un conseil gratuit, ou faire financer le bilan par quelqu’un d’autre.
La formation vise une compétence pour votre poste actuel
Progresser en langues ou en bureautique pour le poste que vous occupez ne demande pas de redéfinir un projet professionnel. Si votre poste l’exige, voyez d’abord avec votre employeur. Sinon, le choix se joue entre les formations, sur leur certification, leurs dates et leur prix. Vérifiez seulement l’éligibilité : le I de l’article L6323-6 retient les formations sanctionnées par une certification, un bloc de compétences ou une habilitation enregistrés. Pour le détail, voyez ce que le CPF paie et ne paie pas.
Dans quels cas vaut-il mieux commencer par le bilan ?
Le bilan de compétences passe d’abord quand vous ne savez pas encore quoi viser, ou quand vous hésitez entre plusieurs voies. L’article R6313-4 du Code du travail lui assigne ce travail : bâtir un projet professionnel, vérifier qu’il tient, ou élaborer une ou plusieurs alternatives. Une formation suppose ce choix déjà fait. Elle vous apprend un métier ; à vous de savoir, avant de la payer, si c’est le bon.

Quelques situations penchent de ce côté :
- Vous voulez partir sans savoir vers quoi. L’envie de quitter un poste ne dit pas si le problème vient du métier, de l’employeur, du rythme ou du lieu. Une formation ne règle que le premier cas.
- Vous hésitez entre plusieurs formations et vos recherches ne tranchent plus.
- La formation est longue ou chère. Une erreur coûterait alors bien plus que le bilan.
- Une formation passée n’a rien changé. Recommencer sans comprendre pourquoi expose au même résultat.
La Caisse des dépôts défend cette logique. Elle a indiqué au Sénat que supprimer les bilans du CPF risquait « un report vers un achat de formation plus impulsif et décorrélé des besoins réels de l’individu » (avis n° 142, 2025-2026). C’est une position, pas une mesure : aucune des statistiques publiques consultées (Caisse des dépôts, Sénat, France Travail) ne compare le devenir des personnes qui se forment avec ou sans bilan préalable.
CPF : combien le bilan et la formation consomment sur votre compte
Le CPF peut payer un bilan puis une formation, sur un seul solde. L’article D6323-1 A du Code du travail arrête, depuis le 26 février 2026, à 1 600 € les droits qu’un bilan de compétences peut mobiliser, et à 1 500 € ceux d’une certification du répertoire spécifique (CléA mis à part). Il ne fixe aucun plafond pour le RNCP. Chaque inscription comporte aussi, en 2026, une participation de 150 €, sauf exonération.
Prévue par l’article R6323, à ce montant depuis le 2 avril 2026, cette participation se paie à chaque inscription : un bilan puis une formation, c’est 300 € si vos droits couvrent le reste. Quand vos droits manquent, elle reste comprise dans ce que vous payez, sans s’y ajouter, précise Mon Compte Formation. En droit, l’article L6323-7 l’écarte quand l’employeur abonde votre compte, et pour un demandeur d’emploi. La plateforme la réclame pourtant, depuis le 2 octobre 2026, à un demandeur d’emploi qui achète un bilan, ou une formation hors secteur prioritaire et sans cofinancement de 150 € au moins. Le texte qu’elle met ainsi en œuvre d’avance, le projet de loi de finances pour 2027, restait à voter au 4 novembre 2026.
La formation porte une charge de plus. Pour un achat validé à compter du 2 octobre 2026, la plateforme annonce un complément « pouvant atteindre 200 € », à régler s’il y a lieu en 2027. Son calcul attend la loi de finances et ses textes d’application. Les secteurs prioritaires y échappent, comme la plupart des formations cofinancées à hauteur de 150 € ou plus et les demandeurs d’emploi. Pour un bilan, la même page indique le montant de base.
Prenons un exemple construit : un bilan à 1 750 €, une formation à 2 000 €, ni abondement ni exonération, sans le complément éventuel de 2027.
| Droits CPF | A : payé | A : solde | B : payé | B : solde |
|---|---|---|---|---|
| 4 000 € | 300 € | 550 € | 150 € | 2 150 € |
| 2 400 € | 1 350 € | 0 € | 150 € | 550 € |
| 1 000 € | 2 750 € | 0 € | 1 000 € | 0 € |
Source : calcul à partir de l’article D6323-1 A du Code du travail et de la page de Mon Compte Formation sur la participation.
Avec un bilan à 1 750 €, vous ne payez que les deux participations tant que vos droits atteignent 1 600 € plus le prix de la formation moins 150 €, soit 3 450 € ici. En dessous, chaque euro manquant se paie de votre poche. Le cas type à 50 ans déroule ce calcul sur un compte de 5 000 €.
Le compte se recharge lentement : à mi-temps ou plus, un salarié gagne 500 € par an, plafonnés à 5 000 € (article R6323-1). Le montant passe à 800 €, plafond de 8 000 €, pour un salarié qui n’a pas atteint le niveau 3 (articles L6323-11-1 et R6323-3-1). Les 1 600 € d’un bilan valent donc un peu plus de trois années d’alimentation, ou deux au rythme de 800 €.
D’autres financeurs peuvent soulager votre solde :
- l’employeur, pour un bilan inscrit au plan de développement des compétences, ou par un abondement, qui vous dispense aussi de participation ;
- l’opérateur de compétences (OPCO), pour une entreprise de moins de 50 salariés : aucun texte ne l’y oblige et chaque OPCO applique ses règles, à vérifier auprès du vôtre ;
- France Travail, si vous êtes inscrit·e : son aide individuelle à la formation (AIF) peut couvrir tout ou partie d’un bilan, hors participation s’il est acheté avec le CPF. La région et France Travail achètent aussi des places de formation gratuites : demandez à votre conseiller·e ;
- vos points de compte professionnel de prévention (C2P), un point valant 500 €, dans le dispositif géré par Transitions Pro.
Voyez aussi comment abonder son CPF, les solutions s’il ne vous reste pas assez de droits CPF, et s’il vaut mieux passer par votre CPF ou par votre employeur.
Combien coûte un bilan de compétences, comparé à une formation ?
Le prix d’un bilan reste libre ; le plafond porte seulement sur les droits mobilisables. Divisé par le nombre de dossiers, le montant engagé par bilan s’élève à 2 069 € en 2025 d’après les données de la Caisse des dépôts. Il est de 1 777 € pour l’ensemble des actions achetées avec le CPF. Depuis mars 2026, il tourne autour de 1 700 € par bilan (calcul sur le jeu chargé le 1er octobre 2026, les derniers mois peuvent bouger). Un bilan représente donc une dépense du même ordre qu’une formation moyenne. Le prix d’un bilan de compétences a son article, avec qui paie quoi.
La règle des cinq ans entre deux bilans : sa portée exacte
Le CPF ne peut pas payer un bilan de compétences si, dans les cinq années précédant votre demande, un organisme public ou mutualisé vous a financé un bilan. La condition figure au dernier alinéa de l’article D6323-6 du Code du travail, version du 26 février 2026. Elle ne vise que le bilan : après un bilan, une formation reste achetable avec vos droits, sans attente liée à cette règle.
- Les financeurs visés : l’État, une région, France Travail, la Caisse des dépôts (un bilan déjà payé par le CPF, donc), un OPCO, une association Transitions Pro, un fonds d’assurance formation de non-salariés ou l’Agefiph (articles L6316-1 et L6332-9).
- Ce qui est bloqué : la mobilisation des droits du compte. Un second bilan payé autrement, à vos frais par exemple, reste possible.
- Un bilan payé par l’employeur sur son budget : il n’entre pas dans la liste de l’article D6323-6, que les conditions générales de la plateforme reprennent (version 16, article 4.1). Mon Compte Formation, sur sa page, évoque pourtant un bilan financé par « un organisme public ou privé », dans une liste ouverte où l’employeur ne figure pas. Si c’est votre cas, posez la question à Mon Compte Formation avant de compter dessus.
Un bilan financé maintenant par l’un de ces organismes ferme le CPF à un nouveau bilan pendant cinq ans. Si la vraie décision vous attend plus tard (une fin de congé parental, une réorganisation annoncée), attendre peut se défendre. À l’inverse, si un tel bilan date de moins de cinq ans, repartez de votre document de synthèse. L’article L6313-4 vous permet de demander sa transmission à votre conseiller·e en évolution professionnelle. L’article R6313-4 ouvre aussi la voie à un entretien de suivi avec le prestataire. L’article Peut-on faire deux bilans de compétences ? détaille les cas.
Avant de choisir : le conseil en évolution professionnelle, gratuit
Gratuit, le conseil en évolution professionnelle (CEP) s’adresse à toute personne, dit l’article L6111-6 du Code du travail, version de 2024. Son opérateur repère vos compétences, les formations adaptées à vos besoins et « les financements disponibles ». Le CEP ne consomme aucun droit CPF. Selon France Travail, il aide notamment à déterminer si un bilan de compétences est « la bonne étape pour vous, ou si d’autres dispositifs sont plus adaptés ».

L’article D6323-6 lui donne cette place : avant l’achat d’un bilan, la plateforme doit vous signaler que vous pouvez vous tourner vers un organisme de CEP. France Travail le décrit comme accessible sans condition d’ancienneté ni autorisation de l’employeur.
À qui vous adresser :
- salarié·e ou indépendant·e : l’opérateur régional mandaté par France compétences, à trouver sur mon-cep.org, son site ;
- personne inscrite à France Travail : France Travail ;
- cadre, en poste ou en recherche d’emploi : l’Apec ;
- moins de 26 ans : une mission locale ;
- handicap qui freine votre évolution professionnelle : Cap emploi.
Certains parcours de formation passent par ce conseil, sans imposer de bilan. L’article L5422-1-1 l’exige pour toucher l’allocation chômage après une démission pour reconversion : vous demandez un CEP avant de démissionner, ailleurs qu’à France Travail ou en mission locale, et vous établissez votre projet avec lui. Dans le dispositif Prévention Usure-Reconversion, le CEP est obligatoire ; si vous optez pour un bilan, il passe avant toute formation (article D4163-30-2) et se fait hors du temps de travail, précise Transitions Pro.
Tester son projet avec France Travail : immersion et évaluation
France Travail propose plusieurs façons de vérifier un projet sans passer par un bilan de compétences : l’immersion professionnelle, l’évaluation des compétences et des connaissances professionnelles (ECCP) et Activ’Projet. L’article L5135-1 du Code du travail destine l’immersion à un travailleur, avec ou sans emploi, qui veut découvrir un métier ou confirmer un projet professionnel. L’immersion et l’ECCP passent par une prescription.

- L’immersion (période de mise en situation en milieu professionnel) s’adresse à une personne qui bénéficie d’un accompagnement social ou professionnel personnalisé. Elle est prescrite par France Travail, une mission locale, Cap emploi ou un autre organisme listé à l’article L5135-2. Les opérateurs régionaux du CEP n’y figurent pas, sauf convention. Elle dure un mois au plus, renouvelable une fois si ses objectifs ne sont pas atteints. Vous gardez votre statut et votre indemnisation ; salarié·e, votre employeur est partie à la convention et vous retrouvez votre poste ensuite.
- L’ECCP se prescrit par un·e conseiller·e ou un·e psychologue du travail de France Travail, pour une personne qui a peu d’expérience dans le métier visé. Une autre page de France Travail écrit « capacités » pour « connaissances ». Sur une demi-journée ou une journée, un prestataire conventionné fait passer des tests, fait le point sur vos acquis et, si besoin, établit un plan d’action sur vos besoins de formation.
- Activ’Projet aide le demandeur d’emploi à préciser ses idées et à choisir entre elles.
Si vous êtes inscrit·e à France Travail, cette étape pèse aussi sur le financement. Votre conseiller·e doit valider votre projet de formation avant tout financement par France Travail. Seules les formations validées dans votre projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) ouvrent droit à l’AIF, selon l’instruction n° 2017-5 publiée au Bulletin officiel du 6 août 2025. Se former tout de suite avec un financement de France Travail passe donc par ce rendez-vous. Le bilan de compétences avec France Travail a son article.
Délais d’accès : combien de temps prennent un bilan et une formation ?
Sur Mon Compte Formation, ni un bilan ni une formation ne démarrent moins de 11 jours ouvrés après la proposition de l’organisme, soit un peu plus de deux semaines, selon les conditions générales d’octobre 2026. Pour un salarié qui suit l’action sur son temps de travail, comptez en plus la demande d’absence : 60 jours calendaires au moins avant le début, 120 pour six mois ou plus (article D6323-4 du Code du travail).
| Étape | Délai |
|---|---|
| Réponse de l’organisme | 2 jours ouvrés ; si la formation a des prérequis, 30 jours ouvrés pour les vérifier |
| Proposition, puis début de l’action | 11 jours ouvrés au moins |
| Votre confirmation | 4 jours ouvrés |
| Complément demandé à France Travail | Réponse sous 10 jours ouvrés |
| Demande d’absence à l’employeur | 60 ou 120 jours calendaires avant le début |
| Réponse de l’employeur | 30 jours calendaires, le silence vaut accord |
Source : Mon Compte Formation, conditions générales et conditions particulières des titulaires, version 16 (octobre 2026) ; Code du travail, article D6323-4.
Le bilan lui-même dure 24 heures au plus, que Mon Compte Formation dit réparties sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Si votre formation ouvre à date fixe, demandez la prochaine session avant de choisir. Un prestataire certifié doit diffuser ses prérequis, ses délais d’accès et ses tarifs (référentiel national qualité, annexe en vigueur depuis le 1er novembre 2026).
Changer d’avis après l’achat : 14 jours ouvrés de rétractation
Une fois votre commande confirmée, 14 jours ouvrés vous restent pour vous rétracter depuis votre espace personnel. Vos droits reviennent alors sur le compte, et la plateforme vous rembourse sous 30 jours calendaires au plus, selon l’article 6.1 des conditions particulières. Ce droit s’arrête à la date de début de l’action, même si les 14 jours ne sont pas écoulés : il ne sert pas d’essai. Ensuite, annuler au moins 7 jours ouvrés avant le début reste gratuit ; plus tard, hors rétractation et sauf force majeure, les frais atteignent 100 % du prix, débités de votre compte.
Comment décider : les questions à vous poser, dans l’ordre
Pour décider entre un bilan de compétences et une formation immédiate, commencez par l’obligation éventuelle de votre employeur, puis la clarté de votre projet, enfin vos droits et vos dates. Aucun texte ne fixe cette méthode : elle s’appuie sur les articles L6321-1, L6321-2, L6313-4 et D6323-1 A du Code du travail. L’ordre évite de dépenser des droits sur une question que quelqu’un d’autre doit payer ou que vous avez déjà réglée.
- Un texte ou votre employeur impose-t-il cette formation pour votre poste ? Si oui, voyez-la avec lui : la question du bilan ne se pose plus.
- Pouvez-vous nommer le métier, la certification et la prochaine session ? Si non, prenez un rendez-vous de CEP. Si le doute demeure ensuite, un bilan a son utilité.
- Avez-vous vu ce métier de près ? Si non, testez-le : des échanges avec des personnes qui l’exercent, une immersion.
- Votre solde couvre-t-il les deux ? Consultez-le sur Mon Compte Formation et refaites le calcul du tableau avec vos prix. S’il ne couvre qu’une action, gardez-le pour la dépense qui vous paraît la plus sûre, ou cherchez un autre financeur.
- Avez-vous eu, dans les cinq ans, un bilan payé par le CPF ou un autre financeur de la liste ? Si oui, le CPF ne paiera pas le suivant : repartez de votre document de synthèse.
- La date de la session laisse-t-elle le temps d’un bilan ? Si elle est lointaine, le bilan ne retarde rien. Si elle est proche et rare, comparez avec la durée du bilan.
Des cas construits pour voir le raisonnement
Ces exemples sont fictifs.
- Une technicienne, quinze ans de métier, 3 200 € de droits, a envie de changer sans piste arrêtée. Elle n’a encore rien à acheter : CEP, puis bilan. Avec un bilan à 1 750 €, le CPF paie 1 600 €, elle paie 150 €, et il lui reste 1 600 € de droits pour la suite.
- Un salarié a confirmé son projet par une immersion. Il a 1 000 € de droits et vise une formation certifiante à 1 200 €. Formation directe : le CPF paie 1 000 €, il paie 200 €. Un bilan viderait son compte pour répondre à une question déjà réglée.
Si vous commencez par le bilan : ce que propose Chance
Chez Chance, nous proposons à qui veut faire le point avant d’engager ses droits dans une formation un bilan avec des connexions. Il coûte 1 750 € toutes taxes comprises (TTC) : le CPF paie 1 600 €, vous payez 150 € si vos droits atteignent 1 600 € (sinon, vous payez la différence). Nous accompagnons les transitions professionnelles depuis 2015. Nous avons analysé le parcours de plus de 50 000 personnes, et 75 % des Chanceux ont déjà mis en place le projet qu’ils avaient défini, 6 mois après.
Nous appelons Chanceux les personnes que nous accompagnons. Ce chiffre parle de projets mis en place, pas d’emplois retrouvés : un projet peut être un changement d’équilibre ou d’environnement. Le parcours court sur 3 mois : 14 sessions, partagées à égalité entre votre coach et Æcho, notre plateforme d’accompagnement en ligne. Un suivi s’ajoute de 1 à 3 mois après la fin : 2 sessions avec le coach, 2 sur Æcho.
Pour qui hésite sur une formation, la Connexion Feedback répond directement à la question : vous y éprouvez votre projet, au sein du Collectif Chance (20 000 Chanceux), auprès de quelqu’un qui fait le métier visé. En moyenne, nous réalisons 6 connexions par parcours. Si votre projet est déjà précis, gardez vos droits pour la formation : ce bilan vous apporterait peu.
Questions fréquentes
Votre employeur peut-il vous imposer un bilan avant de financer votre formation ?
Non. Un bilan exige votre consentement, et Mon Compte Formation précise que votre refus n’est « ni contestable, ni sanctionnable par l’employeur ». Votre employeur peut vous le proposer, notamment dans son plan de développement des compétences. Pour une formation que rien ne l’oblige à payer, aucun texte lu ne dit s’il peut lier son financement à un bilan : votre refus reste sans sanction, mais le financement n’est pas acquis.
France Travail peut-il exiger un bilan avant de financer votre formation ?
Aucun texte lu ne le prévoit. L’instruction sur l’AIF ne cite le bilan que comme une action finançable ; elle demande que la formation soit validée dans votre PPAE et paraisse nécessaire ou adaptée à votre reclassement.
Le CPF paie-t-il toute formation recommandée par un bilan ?
Non. La recommandation issue d’un bilan ne rend pas une formation éligible : c’est l’article L6323-6 qui fixe la liste. Pour une formation non éligible et absente des places gratuites de la région ou de France Travail, une personne inscrite peut demander l’AIF.
Faut-il prévenir votre employeur si le bilan ou la formation a lieu en dehors du travail ?
Non. Si le bilan a lieu entièrement hors temps de travail, rien ne vous oblige à informer votre employeur, indique la fiche F3087 de service-public.gouv.fr ; la fiche F10705 dit la même chose pour une formation. Dès qu’une partie se déroule sur le temps de travail, la demande d’absence s’impose.
En congé de reclassement ou en CSP, faut-il commencer par le bilan ?
Pas forcément. Le congé de reclassement débute par un bilan « si nécessaire », financé par l’employeur (article L1233-71). Prolongé jusqu’au 31 décembre 2026, le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) commence par un prébilan, qui « peut conduire si nécessaire à un bilan de compétences », selon sa convention.
Sources
- Assemblée nationale : dossier du projet de loi de finances pour 2027, n° 3210
- Caisse des dépôts : données ouvertes Moncompteformation, Les formations engagées (mis à jour le 4 octobre 2026)
- Code du travail : articles D4163-30-2, D5135-1, D5135-3, D6323-1 A, D6323-4, D6323-6, L1233-71, L5135-1, L5135-2, L5135-3, L5422-1-1, L6111-6, L6313-1, L6313-4, L6316-1, L6321-1, L6321-2, L6321-6, L6321-7, L6323-2, L6323-6, L6323-7, L6323-11-1, L6332-9, L6332-17, R6313-4, R6323, R6323-1, R6323-3-1
- Code du travail : annexe au chapitre VI du titre premier du livre III de la sixième partie (référentiel national qualité)
- Cour d’appel de Bordeaux : chambre sociale, section A, 9 septembre 2025, RG 23/00172
- Cour de cassation : chambre sociale, 5 décembre 2007, n° 06-42.905 ; chambre sociale, 7 avril 2004, n° 02-40.493 ; chambre sociale, 16 septembre 2026, n° 25-12.634
- France compétences : Mon conseil en évolution professionnelle, foire aux questions
- France Travail : Évaluer vos compétences ; instruction n° 2017-5, Bulletin officiel n° 48 du 6 août 2025 ; L’aide individuelle à la formation ; Le bilan de compétences ; Mes compétences matchent-elles avec mon projet professionnel ? ; Trois services pour mettre en valeur ses compétences
- Mon Compte Formation : conditions générales, version 16 (octobre 2026) ; conditions particulières des titulaires, version 16 (octobre 2026) ; Est-il obligatoire de payer pour utiliser son CPF ? ; Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026 ; Quelles sont les formations éligibles au Compte personnel de formation ? (mise à jour le 19 octobre 2026) ; Tout savoir sur le bilan de compétences
- Sénat : avis n° 142 (2025-2026), tome VI
- Service-public.gouv.fr : fiche F3087 ; fiche F10705
- Textes officiels : Journal officiel, avenant n° 4 du 12 juin 2019 à la convention du 26 janvier 2015 relative au contrat de sécurisation professionnelle
- Transitions Pro : Prévention Usure-Reconversion










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