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Se reconvertir en Martinique : secteurs qui recrutent, formations, financements

November 3, 2026

À flanc de colline, une femme en chapeau de paille coupe des salades ; un jeune homme s’éloigne sur le sentier, une caisse pleine dans les bras.
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Quels métiers recrutent en Martinique, et qui paie la formation ? L’enquête BMO 2026 y compte 12 700 projets de recrutement, la moitié dans les services aux particuliers ; CTM, France Travail, CPF et Transitions Pro aident à se former.

L’essentiel à retenir
  • En 2025, le chômage touchait 13,4 % des actifs en Martinique, 45,0 % des 15-24 ans et 6,1 % des 50 ans ou plus, contre 7,7 % pour la France, selon l’Insee.
  • Aides à domicile et auxiliaires de vie (710 projets), agriculteurs (670) et jardiniers des espaces verts (570) sont les métiers qui comptent le plus de projets de recrutement en Martinique en 2026, selon l’enquête BMO de France Travail.
  • Le Code du travail s’applique en Martinique : le CPF, le projet de transition professionnelle financé par Transitions Pro et le conseil en évolution professionnelle, gratuit, y sont ouverts.
  • Le guide des aides de la Collectivité territoriale de Martinique, édition 2023, prévoit jusqu’à 3 000 € par an pour former un demandeur d’emploi inscrit depuis au moins six mois. Pour un actif, il prend la moitié du reste à payer, 2 000 € au plus : des montants à faire confirmer par la CTM.
  • Pour une formation absente de l’île, la CTM (jusqu’à 10 000 € vers la France, la Guadeloupe et la Guyane, selon le même guide de 2023) et l’État, avec le passeport pour la mobilité de la formation professionnelle, peuvent aider.

Reconversion professionnelle en Martinique : le marché du travail en 2026

Une reconversion professionnelle en Martinique se prépare sur un marché du travail plus difficile qu’en moyenne nationale. L’île affiche pourtant le chômage le plus bas des départements et régions d’outre-mer. Selon l’Insee, 13,4 % des actifs y étaient au chômage au sens du Bureau international du travail en moyenne en 2025, contre 7,7 % en moyenne nationale. Pour 2026, les employeurs martiniquais prévoient 12 700 projets de recrutement, selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) que publie France Travail.

Selon l’âge, le taux atteint 45,0 % chez les 15-24 ans et 16,4 % chez les 25-49 ans, puis retombe à 6,1 % à partir de 50 ans. Il est de 15,6 % chez les hommes et de 11,7 % chez les femmes. Sur un an, le taux d’ensemble a gagné un point.

L’enquête BMO repose sur un questionnaire que France Travail adresse chaque année aux établissements. Pour 2026, près de 416 000 réponses ont été exploitées en France, sur 2,2 millions d’établissements concernés. Elle compte toutes les embauches envisagées dans l’année, quel que soit le canal. Les offres visibles à un moment donné n’en montrent donc qu’une partie.

En Martinique, la tendance est à la baisse. La même enquête comptait 13 330 projets en 2025, soit un recul de 4,7 % en un an (calcul fait sur des totaux arrondis à la dizaine). Les employeurs jugent difficiles 45,6 % de leurs projets de 2026, contre 52,8 % un an plus tôt et 43,8 % pour la France entière. Les emplois saisonniers pèsent moins qu’ailleurs : 20,9 % des projets, contre 32,2 % au niveau national.

France Travail découpe l’île en quatre bassins d’emploi. Le bassin Centre réunit 6 570 projets, plus de la moitié du total. Suivent le Sud avec 3 500 projets, le Nord Atlantique avec 2 050 et le Nord Caraïbe avec 590. Le salaire minimum, lui, est celui de la métropole : 12,31 € de l’heure depuis le 1er juin 2026, selon l’arrêté du 22 mai 2026.

Secteurs qui recrutent en Martinique : services aux particuliers, puis aux entreprises

Les services aux particuliers concentrent la moitié des projets de recrutement de 2026 en Martinique : 6 380 sur 12 700, selon l’enquête BMO de France Travail lue par grand secteur. Viennent ensuite les services aux entreprises, avec 2 200 projets, puis la construction, le commerce, l’industrie et l’agriculture, qui en comptent chacun entre 1 180 et 830.

Projets de recrutement en Martinique par grand secteur, en 2026 et en 2025
Grand secteurProjets en 2026Part en 2026Jugés difficiles en 2026Projets en 2025
Services aux particuliers6 38050,2 %40,1 %6 010
Services aux entreprises2 20017,3 %46,4 %2 710
Construction1 1809,3 %59,3 %1 610
Commerce1 1509,1 %42,6 %1 310
Industrie9707,6 %56,7 %990
Agriculture8306,5 %56,6 %710

Source : enquête Besoins en main-d’œuvre (France Travail), 2026 et 2025, requêteur par secteurs regroupés, Martinique, consulté le 28 octobre 2026 ; résultats arrondis à la dizaine ; parts calculées sur ces effectifs arrondis, rapportées au total de 12 700 projets.

Entre 2025 et 2026, seuls deux grands secteurs gagnent des projets : les services aux particuliers, de 6,2 %, et l’agriculture, de 16,9 %. La construction perd 26,7 % de ses projets, les services aux entreprises 18,8 % et le commerce 12,2 %. L’industrie se maintient presque, à 2,0 % de moins. Ces évolutions sont calculées sur des effectifs arrondis à la dizaine.

Le détail par secteur d’activité met en tête la santé humaine et l’action sociale, avec 2 610 projets, soit environ un sur cinq. Suivent les services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien, avec 1 450 projets, puis l’administration publique et l’enseignement, avec 1 340.

Les difficultés ne suivent pas le volume : la construction en signale pour 59,3 % de ses projets, l’administration publique et l’enseignement pour 23,1 %. La même lecture de l’enquête vaut pour se reconvertir en Guadeloupe, se reconvertir à La Réunion, se reconvertir en Guyane ou se reconvertir à Mayotte.

Métiers qui recrutent en Martinique : le classement de l’enquête BMO 2026

Parmi les métiers qui recrutent en Martinique, la famille des aides à domicile et auxiliaires de vie occupe la première place en 2026 : le requêteur en ligne de l’enquête BMO lui attribue 710 projets. Derrière viennent les agriculteurs, avec 670 projets, les jardiniers des espaces verts et naturels, avec 570, et les aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration, avec 510.

Au bord d’une route mouillée, un homme taille une haie d’hibiscus rouges ; une femme ratisse les branches coupées sur le trottoir, près d’une brouette.
Les onze métiers qui comptent au moins 280 projets de recrutement en Martinique en 2026
MétierProjetsJugés difficilesSaisonniers
Aides à domicile et auxiliaires de vie71067,6 %28,2 %
Agriculteurs67053,7 %41,8 %
Jardiniers des espaces verts et naturels57026,3 %14,0 %
Aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration51047,1 %25,5 %
Professionnels de l’animation socioculturelle50030,0 %60,0 %
Agents d’entretien de locaux47046,8 %34,0 %
Personnels de ménage chez des particuliers31058,1 %25,8 %
Serveurs de cafés-restaurants30060,0 %43,3 %
Infirmiers et sages-femmes29024,1 %13,8 %
Secrétaires bureautiques et assimilés28025,0 %7,1 %
Cuisiniers28046,4 %10,7 %

Source : requêteur géographique de l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 (France Travail), Martinique, consulté le 28 octobre 2026 ; chiffres arrondis à la dizaine ; deux métiers à égalité au dixième rang.

La part d’emplois saisonniers dit si le poste dure. Elle atteint 60,0 % des projets dans l’animation socioculturelle, 43,3 % chez les serveurs et 41,8 % chez les agriculteurs. Elle descend à 7,1 % chez les secrétaires et à 13,8 % chez les infirmiers et sages-femmes.

D’autres métiers comptent moins de projets mais peinent davantage à recruter. Parmi ceux qui en réunissent au moins 100, les employeurs jugent difficiles 80 % des 150 projets d’agents de sécurité et de surveillance. La part est de 75 % pour les 120 projets d’éducateurs spécialisés, de 70 % pour les 100 projets de boulangers-pâtissiers, et autant pour les assistants maternels et gardes à domicile. Ce taux mesure ce que l’employeur anticipe au moment de l’enquête ; aucun poste n’est réservé pour autant à qui se forme.

Un arrêté du 9 juin 2026 dresse en outre la liste officielle des métiers en tension de la Martinique. Elle cite notamment les agriculteurs salariés, les maçons qualifiés, les ouvriers en électricité du bâtiment et les plombiers chauffagistes. Les cuisiniers, les serveurs de cafés-restaurants et les agents d’entretien de locaux y figurent aussi. Son objet est l’autorisation de travail des personnes étrangères (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, article L414-13). L’arrêté parle de difficultés de recrutement ; il ne dit rien du nombre d’embauches de chaque métier.

Plusieurs de ces métiers vous tentent ? Le bilan avec des connexions de Chance vous aide à les confronter à vos compétences et à vos contraintes, à distance depuis la Martinique.

Avenir Actifs, France Travail, Apec : le conseil gratuit en Martinique

En Martinique, le conseil en évolution professionnelle (CEP) est gratuit et ouvert à toute personne, à tout moment de sa vie professionnelle. L’article L6111-6 du Code du travail, dans sa version de 2024, le garantit. Le conseiller vous aide à mettre votre projet en forme, en lien avec les besoins du territoire, et repère les formations et les financements utiles. Vous le trouvez chez France Travail, à l’Apec si vous êtes cadre, en mission locale, chez Cap emploi ou auprès de l’opérateur régional des salariés et des indépendants.

Pour les salariés et les indépendants, cherchez la marque « Avenir Actifs », en usage depuis janvier 2024 et pour quatre ans. Le site officiel mon-cep.org vous dirige vers le bon conseiller d’après votre statut (salarié, demandeur d’emploi, cadre, moins de 26 ans, handicap) et votre lieu de résidence.

Le CEP peut aussi précéder un bilan de compétences. Avant que vous mobilisiez votre compte personnel de formation (CPF) pour un bilan, Mon Compte Formation doit vous signaler que vous pouvez d’abord consulter un organisme de CEP, selon l’article D6323-6. Pour la démarche d’ensemble d’un changement de métier, le guide de la reconversion professionnelle de Chance reprend chaque étape.

Quelle formation pour les métiers qui recrutent en Martinique ?

Les métiers qui recrutent en Martinique n’exigent pas tous un diplôme, d’après les fiches métiers (ROME) de France Travail lues le 28 octobre 2026. L’agent d’entretien des espaces verts est « accessible sans qualification », même si une formation de niveau CAP à bac en aménagement paysager peut en faciliter l’accès. À l’inverse, l’aide-soignant doit détenir le diplôme d’État d’aide-soignant, « obligatoire pour exercer ». La fiche dit ce diplôme accessible par la validation des acquis de l’expérience et par l’alternance.

Vue d’en haut, dans une cour d’école ombragée, huit adultes soulèvent ensemble un grand parachute de jeu ; une femme debout sur un muret leur parle, le bras levé.

Pour d’autres métiers de la liste, les fiches donnent ces repères (une fiche décrit un métier, pas toute une famille de l’enquête BMO) :

  • l’aide à domicile, appellation de la fiche K1304, reste accessible « avec ou sans qualification préalable », les CAP et BEP du secteur social ou de la petite enfance étant appréciés ;
  • l’assistant de vie dépendance, fiche K1302, se recrute titulaire du diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social. La fiche cite aussi d’autres diplômes exigibles, à partir du CAP ou du BEP du service à la personne ;
  • l’animateur jeunesse, fiche G1203, est recruté avec un diplôme de niveau bac à bac + 2 en éducation physique et sportive ou en carrières sociales, le BAFA pouvant être un avantage ;
  • le boulanger, fiche D1102, exerce avec un CAP ou un brevet professionnel de boulanger ;
  • l’agent de prévention et de sécurité, fiche K2503, doit obtenir une carte professionnelle en plus d’un diplôme de niveau CAP à bac.

Se former à l’un de ces métiers peut ne rien vous coûter si vous cherchez un emploi. Selon l’article L6121-2 du Code du travail, la région assure l’accès gratuit à une formation qui mène à un diplôme ou à un titre de niveau 4 au plus, soit le niveau bac. Il faut que ce diplôme ou ce titre figure au répertoire national des certifications professionnelles. En Martinique, ce rôle revient à la Collectivité territoriale (article L1521-2-1 du Code du travail). France Travail l’écrit à sa manière sur sa page de l’aide individuelle à la formation : quand la région ou France Travail achètent des places, « vous n’avez donc pas à financer votre formation ».

Les concours de catégorie C de la fonction publique exigent le plus souvent un CAP, un BEP ou le brevet des collèges. Le portail Choisir le service public signale que certains sont ouverts sans diplôme ; leurs calendriers figurent dans l’article consacré aux concours de la fonction publique en outre-mer. Les centres qui forment sur l’île seront présentés dans la page sur la formation professionnelle en Martinique, et les parcours, courts ou diplômants, dans l’article sur les formations pour se reconvertir.

Collectivité territoriale de Martinique : ses aides à la formation

En Martinique, c’est la Collectivité territoriale (CTM) qui tient le rôle de la région pour la formation des personnes qui cherchent un emploi. Elle exerce les compétences d’un département et d’une région d’outre-mer, selon l’article L7211-1 du Code général des collectivités territoriales. Elle mène donc la politique d’accès à la formation et peut accorder les aides individuelles que l’article L6121-1 du Code du travail confie à la région. Au 28 octobre 2026, sa page « Dispositifs et aides » propose son guide des aides à la formation professionnelle, édition 2023.

Pour un demandeur d’emploi, ce guide décrit une aide individuelle à la formation de la CTM. Elle paie les frais pédagogiques d’une formation validée dans le cadre de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi. Elle intervient quand les autres financements ne couvrent pas la formation, ou seulement en partie, et quand celle-ci ne figure pas au programme de formation de la Collectivité. Il faut être inscrit depuis au moins six mois. L’aide est plafonnée à 3 000 € par an et par demandeur, sous conditions de ressources.

Le dossier se dépose à l’agence France Travail où vous êtes inscrit, qui le transmet à la CTM pour décision. Selon le même guide, la formation est alors rémunérée par la Collectivité, dans le cadre d’une convention avec France Travail. La CTM gère ces rémunérations sur un portail en ligne.

Les actifs ont leur propre aide. Pour un salarié ou un non-salarié, la CTM prend en charge 50 % du coût pédagogique qui reste à payer, dans la limite de 2 000 €. La formation doit répondre aux besoins du territoire. Un cofinancement est exigé. Pour un salarié, il vient de l’employeur, de l’opérateur de compétences (OPCO) ou du CPF ; pour un non-salarié, du fonds d’assurance formation ou d’un autofinancement. La demande part au plus tard trois mois calendaires avant le début de la formation.

Ces montants sont ceux de l’édition 2023 : avant de déposer un dossier, demandez à la CTM ou à votre conseiller s’ils valent toujours.

Le CPF et l’aide de France Travail en Martinique

Votre CPF se mobilise en Martinique sur Mon Compte Formation. L’article L1521-1 du Code du travail applique sa première partie en Martinique, et l’article L6521-1 étend ces règles générales à la formation professionnelle, avec des modalités fixées par décret (article L6523-7). Le compte paie une formation menant à une certification enregistrée, une validation des acquis de l’expérience, un bilan de compétences ou certains permis (article L6323-6). Depuis le 26 février 2026, il ne consacre pas plus de 1 600 € de droits à un bilan (article D6323-1 A).

Dans un atelier de céramique, une femme en tablier taché d’argile centre une motte de terre rouge sur un tour ; assis près d’elle, un homme aux cheveux gris l’observe.

Ce que le compte rapporte chaque année et les formations achetées outre-mer sont présentés dans l’article sur le CPF en outre-mer.

Le permis de conduire suit une règle resserrée en 2026. Pour une voiture ou une moto, c’est-à-dire le permis du groupe léger, le CPF ne paie la préparation que dans deux cas. Soit vous êtes demandeur d’emploi, soit un tiers la cofinance, par exemple votre employeur, votre OPCO ou France Travail. Depuis le 26 février 2026, le tiers doit apporter au moins 100 €, et les droits mobilisés pour ce permis sont plafonnés à 900 € (articles L6323-6, D6323-8 et D6323-1 A). Le reste des conditions est repris dans l’article consacré au permis et au CPF.

Demandeur d’emploi dont les droits ne suffisent pas, vous pouvez solliciter de France Travail, sur Mon Compte Formation, un abondement de votre reste, hors participation forfaitaire pour un bilan de compétences. Seuls l’employeur ou l’OPCO peuvent en effet régler celle-ci à votre place, selon l’article R6323. La page de France Travail sur l’aide individuelle à la formation annonce une réponse « sous 10 jours ».

Pour une formation que le CPF ne finance pas et que ni la Collectivité ni France Travail n’achètent, cette même page nationale présente l’aide individuelle à la formation (AIF) : elle peut payer toute la formation ou compléter d’autres financements. Un bilan, éligible au CPF, passe donc par Mon Compte Formation. Votre conseiller doit d’abord avoir validé la formation dans votre projet personnalisé d’accès à l’emploi. Un article à venir, pour se reconvertir avec France Travail, reprendra ce parcours en entier.

Transitions Pro, démission, OPCO : les options d’un salarié en Martinique

Si vous êtes salarié en Martinique et visez un autre métier, le projet de transition professionnelle (PTP) mobilise votre CPF pour une formation certifiante. Le Code du travail, à l’article L6323-17-1 (version du 16 avril 2023), vous ouvre alors un congé spécifique quand la formation se déroule en tout ou partie sur votre temps de travail. Un positionnement préalable ajuste la durée du parcours à vos acquis. La prise en charge revient à Transitions Pro Martinique, commission paritaire interprofessionnelle agréée pour le territoire, installée à Fort-de-France.

À l’aube, sous une véranda carrelée, une femme en chemisier bleu marine tend un trousseau de clés à un jeune homme qui arrive, un casque de moto sous le bras.

Son site, lu le 28 octobre 2026, ouvre le PTP aux salariés du privé sous contrat, CDI comme CDD, ainsi qu’aux intérimaires et, sous conditions, aux intermittents. Si la formation empiète sur votre temps de travail, demandez d’abord à votre employeur une autorisation d’absence. Selon la commission, le dossier de financement ne se monte qu’une fois cet accord obtenu. L’ancienneté requise et les pièces à fournir se vérifient auprès de la commission avant tout dépôt.

Démissionner de son CDI pour se reconvertir tout en touchant l’allocation chômage reste possible en Martinique, qui relève du règlement général d’assurance chômage. Il faut remplir des conditions d’activité antérieure propres à ce cas et porter un projet : une reconversion qui passe par une formation, ou la création ou la reprise d’une entreprise. Ce projet passe devant Transitions Pro, qui atteste qu’il est réel et sérieux (article L5422-1). Le seuil fixé par ce règlement est de 1 300 jours travaillés sur les 60 mois précédant la fin du contrat.

Avant la démission, il faut aussi avoir demandé un conseil en évolution professionnelle, mais pas n’importe où : l’article L5422-1-1 écarte France Travail et les missions locales. Restent l’opérateur régional des salariés, « Avenir Actifs », l’Apec pour les cadres et Cap emploi.

Votre employeur, de son côté, verse sa contribution à la formation à un OPCO. En Martinique, seuls des OPCO interprofessionnels peuvent gérer ces fonds, sauf pour les entreprises du champ d’un OPCO autorisé par arrêté, selon l’article L6523-1. Celui qui vous concerne, et ce qu’il peut financer, est expliqué dans l’article sur les OPCO en outre-mer. Si votre employeur est une personne morale de droit privé (société, association) et vous envoie vous former hors de l’île, faute de filière sur place, une aide de l’État peut l’aider à payer vos billets. C’est le passeport pour la mobilité des actifs salariés, prévu à l’article L1803-7 du Code des transports.

Formation absente de Martinique : partir avec l’aide de la CTM et de l’État

Quand la formation visée n’existe pas en Martinique, la Collectivité territoriale et l’État peuvent vous aider à la suivre ailleurs. Le guide des aides de la CTM, édition 2023, prévoit une aide à la formation en mobilité vers la France, la Guadeloupe et la Guyane, plafonnée à 10 000 €. Une autre aide, plafonnée à 15 000 €, sert à partir se former à l’étranger. Toutes deux portent sur le coût pédagogique et les frais annexes, sous conditions de ressources.

La première vise les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de six mois dont le projet répond aux besoins de l’économie martiniquaise. Il faut que la formation n’existe pas sur l’île ou que la demande y soit saturée ; les niveaux 3 à 8 sont admis. Le projet doit d’abord être défini avec le service public de l’emploi qui vous suit : France Travail, mission locale ou service militaire adapté. La seconde, traitée directement par la Collectivité, vise des formations diplômantes ou professionnalisantes tournées vers l’emploi, ou absentes de Martinique et utiles au territoire.

Au 28 octobre 2026, la plateforme Mes aides de France Travail affiche encore ce plafond de 15 000 €. Faites confirmer ces règles de 2023 par la CTM avant de partir.

L’État, de son côté, peut aider toute personne résidant outre-mer qui suit une formation professionnelle hors de son territoire (article L6521-2 du Code du travail). Le passeport pour la mobilité de la formation professionnelle en fait partie. Il concerne une formation prescrite au titre de la politique de l’emploi, quand la filière de votre projet manque sur place. Il exclut le cumul avec le passeport pour la mobilité des études, selon l’article L1803-6 du Code des transports. Il s’ouvre dès 18 ans, dès 16 ans en alternance (article D1803-9).

L’article D1803-6 du même code détaille ce que l’aide peut couvrir pour un demandeur d’emploi :

  • le voyage aller et retour, en tout ou partie, y compris le trajet de l’aéroport jusqu’au lieu de formation ;
  • une somme forfaitaire pour s’installer, puis, chaque mois, l’« allocation complémentaire de mobilité » ;
  • la part des frais pédagogiques laissée de côté par les autres financeurs ;
  • les nuitées d’hébergement si vous ne pouvez pas rejoindre le lieu de formation le jour de votre arrivée, et les frais de réservation, de dossier et de dépôt de garantie d’un logement ;
  • une aide versée une fois la formation validée, pour faciliter votre entrée dans l’emploi.

L’article L1803-10 charge l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité (LADOM), établissement public de l’État, de contribuer à l’insertion professionnelle des personnes résidant outre-mer, en favorisant leur formation hors de leur collectivité. Une prescription étant nécessaire, voyez votre conseiller avant toute inscription.

Bilan de compétences depuis la Martinique : l’accompagnement de Chance

Chez Chance, nous accompagnons les Martiniquais à distance, et plus largement les personnes des départements d’outre-mer. Notre bilan de compétences « avec des connexions » est facturé 1 750 € TTC. Payé avec votre CPF, il se répartit ainsi : 1 600 € sur vos droits, et vous payez 150 €. Ce reste vient de ce que le prix dépasse de 150 € le plafond de 1 600 € fixé pour un bilan. Il inclut la participation forfaitaire, fixée depuis le 2 avril 2026 à 150 € (article R6323) : elle ne vient pas en plus.

Un abondement de 150 € de votre employeur, versé sur votre compte pour ce bilan, solde ce reste : vous n’avez alors rien à débourser. La loi vous dispense dans ce cas de la participation (article L6323-7). La même loi en exonère les demandeurs d’emploi. Depuis le 2 octobre 2026, pourtant, Mon Compte Formation la leur fait payer. La plateforme applique déjà le projet de loi de finances pour 2027, que le Parlement n’avait pas adopté au 28 octobre 2026. Demandeur d’emploi, vous réglez donc 150 € pour notre bilan, que la plateforme vous demande la participation ou non : cette somme correspond au dépassement du plafond.

Sur trois mois, vous suivez 14 sessions, réparties à parts égales entre votre coach et Æcho, notre plateforme en ligne. Un suivi de quatre sessions, deux avec le coach et deux sur Æcho, a lieu de un à trois mois après la fin. Notre méthode, le Trèfle de Chance™, inspirée par Robert Dilts, avance en quatre temps : Clarifier, Explorer, Valider, Concrétiser.

La Connexion Feedback vous fait rencontrer quelqu’un qui exerce déjà le métier visé, pour éprouver votre projet. Le Collectif Chance réunit 20 000 Chanceux, le nom que nous donnons aux personnes que nous accompagnons, et vous y restez après le bilan. Nous avons analysé le parcours des plus de 50 000 personnes que nous accompagnons depuis 2015 : 75 % des personnes accompagnées ont déjà mis en œuvre leur projet au bout de 6 mois.

Vérifiez un point avant de vous engager. Le CPF ne paie pas un bilan si vous en avez suivi un, financé par un financeur public ou mutualisé, au cours des cinq années précédentes (article D6323-6). Mon Compte Formation admet un bilan mené en partie ou en totalité à distance. Pour savoir comment suivre un bilan à distance depuis l’outre-mer, un article dédié détaille le déroulé ; notre guide du bilan de compétences le décompose phase par phase.

Questions fréquentes

Inscrit à France Travail depuis moins de six mois, puis-je demander l’aide individuelle de la CTM ?

En principe, non. Le guide des aides de la CTM, édition 2023, la réserve aux demandeurs d’emploi inscrits depuis au moins six mois, « sauf dérogation décidée par le Président du Conseil exécutif de la CTM ». En attendant, une formation dont la Collectivité ou France Travail achètent les places peut être gratuite pour vous. Votre CPF reste aussi mobilisable.

Les aides de la CTM se cumulent-elles avec le CPF ?

Pour un salarié, oui : le guide de la CTM, édition 2023, range le CPF parmi les cofinancements attendus pour son aide aux actifs, plafonnée à 2 000 €. Pour un demandeur d’emploi, le guide prévoit que l’aide individuelle finance le reste à charge laissé par d’autres financements, sans nommer le CPF. Posez la question à votre conseiller France Travail avant de monter le dossier.

Que faut-il pour devenir agent de sécurité en Martinique ?

Un diplôme de niveau CAP à bac et une carte professionnelle, selon la fiche K2503 de France Travail. Cette carte est délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), établissement public de l’État. La fiche exclut les personnes inscrites au bulletin n° 2 du casier judiciaire. Elle demande aux ressortissants hors Union européenne un titre de séjour de plus de cinq ans. Dans l’enquête BMO, les agents de sécurité et de surveillance comptent 150 projets en Martinique en 2026, dont 80 % jugés difficiles.

Le CPF paie-t-il le permis poids lourd pour travailler dans le transport ?

Oui, sans la condition de cofinancement imposée aux permis voiture et moto. La préparation aux permis du groupe lourd figure à part parmi les actions éligibles, au 3° du II de l’article L6323-6. Restent les conditions communes à tous les permis, fixées par l’article D6323-8 : servir un projet professionnel ou sécuriser votre parcours, et ne faire l’objet ni d’une suspension ni d’une interdiction de permis. L’enquête BMO compte 100 projets de conducteurs routiers en Martinique en 2026.

Ma formation a lieu en Guadeloupe ou en Guyane : qui paie le voyage ?

L’État et la CTM peuvent le prendre en charge. Pour un stage rémunéré par l’État ou par une collectivité, l’État vous rembourse en entier le trajet du début de stage et celui du retour. Pour un stage de plus de six mois, il prend aussi en charge les trois quarts d’un voyage pour rejoindre votre famille, selon l’article R6523-12 du Code du travail. Selon son guide de 2023, l’aide de la CTM pour la mobilité vise également la Guadeloupe et la Guyane, dans la limite de 10 000 €, frais annexes compris. L’offre de la Guyane a sa page, consacrée à la formation professionnelle en Guyane.

Sources

Historique des mises à jour

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