Podcast Chance - ép. 4 - Ariane Komorn, fondatrice de La Solive

Pour cet épisode, nous accueillons Ariane Kormon, qui a fait le parcours Chance et s’est réorientée professionnellement à 32 ans, en quittant le monde du conseil et en osant se lancer dans l’entrepreneuriat, tout en ayant un projet d’enfant. Comme beaucoup d’entre nous, Ariane s'était laissé porter par le chemin que lui traçait la vie. Un chemin marqué par ses talents (grandes écoles, grand cabinet de conseil) mais où le sens manquait, et ne représentait finalement pas ce qu'elle était. Ariane a osé tout requestionner pour aller vers ce qui lui semblait juste, et rendre ses rêves compatibles avec un projet d'enfant.

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Ariane Komorn : du chemin tracé à la quête de sens au travail

Je commençais à avoir envie d'avoir des enfants et je me disais : Mince, qu'est-ce que je vais leur raconter un jour sur ce que j'ai fait réellement à mon échelle pour changer le cours des choses ?

Philippine de Saint-Exupéry : Est-ce que tu pourrais nous raconter ton parcours au global avant ta récente bifurcation de vie professionnelle ?

Ariane Komorn : Alors moi j'ai commencé ma vie professionnelle dans le conseil. J'avais fait des études assez généralistes sur les politiques publiques et j'avais fait des études en géographie et en économie - des choses assez générales.

J'ai commencé ma vie professionnelle dans le conseil, qui était au départ un petit peu un non-choix, parce que ça me permettait de garder pas mal de portes ouvertes et de découvrir des entreprises, des secteurs et de faire pas mal de choses. Donc j'ai travaillé dans le conseil en stratégie pendant trois ans et demi.

Je me suis posé beaucoup de questions sur le sens de ce que je faisais, sur l'impact que j'avais sur le monde. Et puis surtout, j'ai ressenti que je ne me sentais pas très bien. Ça a duré des mois avant que je prenne conscience que c'était lié au fait que je ne me sentais pas bien dans mon boulot.

J'ai surtout, au moment du confinement, commencé à lire beaucoup de choses sur l'état du monde, en particulier l'état de notre planète. Ça m'a beaucoup, beaucoup angoissée d'abord. Et puis je me suis dit “Il est quand même grand temps pour moi de changer d'orientation et de faire quelque chose qui me permette de sentir que j'ai un impact positif sur le monde”.

C'était aussi une période où je commençais à avoir envie d'avoir des enfants et je me disais “Mince, qu'est-ce que je vais leur raconter un jour sur ce que j'ai fait réellement à mon échelle pour changer le cours des choses ?”. Et voilà, et c'est un moment où je suis restée très bloquée pendant un certain temps, où je me suis posé beaucoup de questions et ce qui m'a débloquée, c'est le moment où je me suis dit “Il faut que je me fasse accompagner pour sortir de cet état de torpeur”, et c'est là que j'ai fait le parcours Chance.

Le parcours Chance d’Ariane Komorn : comment se saute le pas de l’entrepreneuriat

Ariane Komorn : J'ai commencé le parcours Chance au début du printemps 2020. Pendant plusieurs mois, j'ai travaillé sur le fond, sur moi-même, sur mes moteurs, sur mes valeurs. J'ai aussi appris à débloquer certains blocages complètement inconscients, qui ne me paraissaient pas bloquants a priori.

Et puis, quasiment un an plus tard, j'ai sauté un pas que je pensais pas du tout sauter, qui est le pas de l'entrepreneuriat.

Et je me suis lancée pour créer une entreprise dans la rénovation énergétique des bâtiments, alors que je ne connaissais pas grand-chose au BTP, et j'ai monté une boîte qui s'appelle La Solive, qui existe maintenant depuis un peu plus d'un an.

Pourquoi et quand se lancer dans un parcours de réorientation professionnelle ?

“Je me suis rendu compte que c'était quand même beaucoup plus difficile de gérer sa propre vie que de gérer un projet et dans le cadre d'une entreprise établie.”

Philippine de Saint-Exupéry : Tu parlais d'un moment de latence avant d'estimer que tu avais besoin de te faire accompagner. Qu'est-ce qui y a derrière ça ? Il s’est passé quoi ?

Ariane Komorn : D'abord, j'ai commencé par essayer de me sortir toute seule de mon état de torpeur. Donc je me suis mise devant ma table de travail. Je me suis dit “Je suis quelqu'un d'assez organisé, et qui sait faire des plans d'action”. J'ai essayé de faire mon propre plan d'action de ma vie, et j'ai passé deux ou trois heures devant ma table de travail sans que ça avance, et je me suis rendu compte que c'était quand même beaucoup plus difficile de gérer sa propre vie que de gérer un projet dans le cadre d'une entreprise établie.

Et donc, c'est là où je me suis dit “Je n'avance pas”. Ça ne s'est pas passé en deux heures, ça m’a pris deux mois avant que je me rende compte que je stagnais complètement et que j'avais besoin d'être accompagnée pour avancer.

Et puis, à ce moment-là, il s'est trouvé que mon conjoint était exactement dans la même situation, se posait les mêmes questions et avait envie de changer. Et en fait, j'ai commencé par lui dire “Tiens, regarde, j'ai vu passer cette pub pour le parcours Chance, tu devrais faire ça”. C'est lui qui a commencé à le faire. Et puis au bout de quelques jours, il m'a dit “Écoute, en fait, je pense que toi aussi tu devrais le faire”.

Et donc on s'est entraînés mutuellement et c'était parfait. C'était notre activité de confinement : on faisait notre parcours, et le soir, on débriefait et ça nous a beaucoup aidés aussi d'ailleurs de le faire individuellement, mais de façon parallèle.

Surmonter ses blocages par le coaching, et se sentir légitime dans ses choix professionnels d’entrepreneuriat

Je me suis rendu compte que je m'interdisais complètement de penser qu’entreprendre, ça pouvait être entrepreneuse moi-même.

Philippine de Saint-Exupéry : Et dans ce parcours, tu parlais de blocage sous-jacent dont on tu n’avais pas conscience. Tu serais d’accord pour en partager quelques-uns ?

Ariane Komorn : Oui, bien sûr, avec plaisir.

La première chose, qui est revenue de façon récurrente dans les tests de personnalité que j'ai faits au début du parcours, c’était que ce qui me correspondait, c'était d’entreprendre, or entreprendre ça plein de sens, ça peut se faire dans plein de contextes. C'était très récurrent : ENTREPRENDRE. Le profil qui ressortait était un profil entrepreneur.

Et plus je le voyais, plus je me disais “Tiens, c'est intéressant”.

Et ça me titillait, je sentais bien que ça avait touché une corde qui m'excitait pas mal.

Et puis j'en débriefe avec ma coach, puisque dans le parcours, on est accompagné par une coach. J’ai eu une coach formidable que j'ai adorée, qui m'a vraiment sortie de ma manière de penser assez rationnelle, qui m'a poussée dans des réflexions hyper intéressantes et qui m'a un peu secouée à un moment en me disant : “Mais c'est marrant parce que tu reviens toujours sur ce côté “entrepreneur” et chaque fois tu dis ‘Il me faut que j'aille dans une boîte où je vais développer de nouveaux projets’, ou ‘Il faut que j'aille dans un contexte stimulant, où je peux construire une nouvelle équipe’. Elle m’a dit : “Entrepreneure, ça veut dire entreprendre, pourquoi tu ne réfléchis pas plutôt à entreprendre, toi, et à monter quelque chose ?”.

Et je me suis rendu compte que je m'interdisais complètement de penser qu’entreprendre, ça pouvait être entrepreneuse moi-même.

Je n'ai pas dans ma famille de modèle d'entrepreneur. Mes parents ont fait leur carrière dans des grands groupes. Je n'ai pas de modèle type d'entrepreneurs. J'ai autour de moi des gens qui ont lancé des boîtes. J'en connais, mais je ne m'étais pas appliqué ça à moi-même. Et puis, progressivement, elle m'a aidée à lever ce qu'on appelle les croyances limitantes.

C'est évidemment des croyances, donc on n'a pas forcément conscience que ça nous limite. C'est une croyance assez profonde de ce qu'on peut faire et de ce qu'on ne peut pas faire.

Et je me suis rendu compte qu'en fait, non. Ça, c'était une croyance qui me limitait, alors qu'il n'y avait pas de raison que je me limite et que je me dise que ce n'était pas à ma portée.

Devenir une femme entrepreneuse et dépasser ses croyances limitantes en prenant des “petits risques”

“J'ai mis du temps à comprendre qu’en effet, je me limitais, et que ce n'était pas complètement dissocié du fait que j'étais une femme.”

Philippine de Saint-Exupéry : Et d’ailleurs en parlant de croyances limitantes, il y en a une qui peut exister parfois - tu n’en as pas parlé donc je ne dis pas que c’était ton cas -, qui est “Comme je suis une femme, je ne peux pas”.

En faisant ce lien, ça m'amène à te poser la question comment tu as vécu d'être une entrepreneuse ?

Ariane Komorn : Pour moi, c'était d'autant plus perturbant que dans ma vie, j'étais assez engagée justement sur - pour utiliser un anglicisme - l'empowerment des femmes.

J'avais monté plein de programmes pour faciliter l'engagement des femmes en politique, parce que je trouvais ça choquant qu'il y ait aussi peu de femmes en politique.

Et donc je faisais déjà des programmes de coaching pour pousser des femmes à dépasser leurs croyances limitantes, selon lesquelles elles ne pouvaient pas être élues, pour les aider à se lancer dedans.

Et finalement, c'est toujours le cordonnier le plus mal chaussé : on ne s'applique pas forcément à soi-même ce qu'on conseille aux autres, mais on n'en a pas forcément conscience.

Moi, je me considérais comme une femme très libérée, qui se met pas de contrainte, qui a plutôt confiance en elle et qui ne se met pas ce type de limites. Et j'ai mis du temps à comprendre qu’en effet, je me limitais, et que ce n'était pas complètement dissocié du fait que j'étais une femme.

Ce qui m'a aidée là-dedans, d'abord, c’est ma coach qui m'a envoyé pas mal de petites vidéos inspirantes. C'étaient des TedTalks, des choses comme ça, de nanas qui parlaient de comment elles avaient franchi des étapes.

Je me souviens notamment d'une prof de Standford qui parle des petits risques et qui explique que dans la vie, c'est en s'habituant à prendre des petits risques de façon très régulière, qu'on arrive à aller vers des choses super intéressantes.

Elle raconte comme ça un jour où elle est dans un avion et elle voit que le mec à côté d'elle lit un bouquin intéressant. Puis elle n’ose pas trop l'interrompre. Et à un moment, ça la démange et elle entame la discussion et elle lui parle du bouquin qu'il est en train de lire. Et elle explique comment ce petit risque qu'elle prend, puis une succession de risques successifs qu'elle va prendre, mais qui sont des petits risques, puisqu’il ne s'agit pas de sauter dans le vide, vont l'habituer à prendre confiance. Et de cette discussion, elle ressort plein de choses et in fine, elle publie un livre avec ce mec qu'elle a rencontré dans l'avion, avec qui elle a eu le courage de briser la glace.

Et je me suis dit “C'est super inspirant, il faut que je commence à m'habituer à prendre de petits risques”. Et j'ai commencé mes petits déjà par prendre contact avec des entrepreneurs notamment avec des entrepreneuses femmes qui m'inspiraient.

À comprendre aussi comment elles avaient sauté le pas, comment elles avaient fait, comment elles avaient géré en tant que femmes le fait d'être entrepreneuses, déjà, ça a commencé un petit peu à me débloquer.

C'est débile, mais parfois contacter quelqu'un de façon froide comme ça sur LinkedIn, on n'ose pas tout le temps le faire, puis on le fait. Puis on se rend compte que les gens nous répondent, puis on leur parle, puis ils vous renvoient un peu de la confiance en vous. Et progressivement, ce cycle positif s'enclenche. Parce que je partais d'un état ou j'étais vraiment très, très, très bloquée : je n’osais même plus écrire un mail.

“J'entends plusieurs fois cette phrase : 'Il y a un peu deux âges pour une femme pour entreprendre : 25 ans ou 45 ans.' Je me dis merde, moi j'ai 32 ans.”

Donc tac tac tac, ça m'aide, ça m'aide un peu à avancer. Et puis, deuxième étape de blocage. Je commence à en parler autour de moi, à me dire “Tiens, cette idée d'entrepreneuriat commence sérieusement à me titiller”. Qu'est-ce que vous en pensez ? Et là, on va chercher l'avis de gens plutôt bienveillants, de proches. Et un certain nombre d'entre eux en toute bienveillance, me disent “Écoute Ariane, c'est une super idée”. Déjà, je vois que ça ne leur paraît pas complètement incohérent de me projeter dans un job d'entrepreneuse, mais il y a un mais. J'entends plusieurs fois cette phrase : “Il y a un peu deux âges pour une femme pour entreprendre : 25 ans ou 45 ans.”

Je me dis merde, moi j'ai 32 ans. Donc clairement, soit j'ai un peu loupé le coche, soit il va falloir mettre mon projet en pause pendant un peu de temps parce que 32 ans, t’as loupé le coche de 25 et il va falloir attendre.

Et puis sans compter qu'effectivement là où elles et ils ont raison, c’est que j'ai un projet d'enfant à ce moment-là, donc c’était peut-être pas malin de se lancer à ce moment-là. Et j'ai vraiment, vraiment failli m'arrêter à ça.

Entreprendre avec un projet d’enfant : c’est possible

“Je me suis laissé entraîner par ces petits risques et je me suis lancée.”

Il y a eu une succession de choses. J'ai commencé, avec cette dynamique des petits risques qui m'avait beaucoup plu, à mettre le doigt dans l'engrenage, à rencontrer des gens, à commencer à parler de projets, à réfléchir à un projet, à rencontrer une première personne avec qui j'avais formé le projet de m'associer et donc à travailler dans le concret, sur un projet.

Et puis, au bout d'un moment, j'étais lancée et je sentais tellement que ça commençait à m'énergiser, que j'ai rangé cette réflexion, même si elle me faisait peur, je ne vous le cache pas : à 32 ans, je me suis dit : “Je suis peut-être un peu folle de faire ça”, mais je l'ai rangée, je me suis laissé entraîner par ces petits risques et je me suis lancée.

J'ai lancé la boîte et deux semaines plus tard, je suis tombée enceinte.

“Et la morale même de cette histoire, c'est que j'ai vraiment failli pas le faire parce que j'étais une femme, que j'avais 32 ans et que j'avais un projet d'enfant. Et aujourd'hui, j'ai un bébé qui va fêter ses six mois et ça va très bien, et c'est possible de faire les deux.”

Je me demande toujours s'il n'y avait pas quelque chose n'a pas été débloqué qui m'a permis aussi de tomber enceinte alors que j'essayais depuis un certain temps. Et la morale même de cette histoire, c'est que j'ai vraiment failli pas le faire parce que j'étais une femme, que j'avais 32 ans et que j'avais un projet d'enfant. Et aujourd'hui, j'ai un bébé qui va fêter ses six mois et ça va très bien, et c'est possible de faire les deux. Ça demande un peu d'organisation, mais ça se fait, ça invite aussi à créer des projets qui soient compatibles avec une vie de famille. Et je pense que c'est tout à fait clair et plus sain même que d'imaginer que c'est incompatible.

La suite de l’épisode : dans vos casques !

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